Chapitre 14 • Le métamorphisme BP-HT dans les zones de convergence
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de profondeur. Ces températures ne sont, en principe, pas dépassées : elles correspondent aux températures de la fusion « fluide absent » qui contrôle l’anatexie de la
croûte inférieure. Tant que cette fusion n’est pas interrompue, la température ne peut
pas augmenter. On dit que la réaction de fusion « tamponne » la température. Les
intrusions basiques associées se refroidissent et sont rééquilibrées dans les conditions
du faciès Granulite, parcourant un trajet isobare, rétrograde en température.
Nous l’avons noté précédemment : cette croûte inférieure granulitique est accessible à l’affleurement, dans la zone d’Ivrée, car elle a été exhumée à l’occasion de la
collision alpine, puisque le domaine austro-alpin (auquel appartient la zone d’Ivrée)
a chevauché la chaîne. À l’ouest de la chaîne alpine, en France, la croûte inférieure
n’est pas accessible, puisqu’elle a été sous-charriée sous la chaîne alpine. Le dôme
du Velay et le massif de l’Agly montrent la croûte médiane. C’est à la faveur de
structures volcaniques néogènes du Massif central français (maar de Bournac en Haute
Loire ; maar de Beaunit dans le Puy-de-Dôme) que les deux catégories de granulites
basi-crustales (et des péridotites du manteau) ont pu être exhumées sous la forme
d’enclaves (xénolithes) arrachées par la lave. Des enclaves métabasiques variées témoigneraient, sous le maar de Beaunit, d’une importante intrusion litée différenciée
d’âge permien, mise en place sous la croûte continentale (P = 1GPa). Gabbro-norites,
norites, pyroxénites, anorthosites se seraient refroidies dans les conditions du faciès
Granulite (750-800 °C). Elles ont acquis des paragenèses pouvant contenir clinopyroxène, orthopyroxène, plagioclase, hornblende brune, spinelle et grenat (Berger
et al., 2005).
14.4 MÉTAMORPHISME D’ULTRA-HAUTE TEMPÉRATURE
(UHT)
Le métamorphisme d’ultra-haute température (UHT) se caractérise par des températures
extrêmes, supérieures à 900 °C, pour des pressions modérées entre 0,7 à 1,4 GPa.
Les formations d’UHT se rencontrent dans le monde entier, sur tous les continents.
À une exception près, elles sont précambriennes ; le seul exemple post-précambrien
connu se trouve dans le complexe du Gruf, à l’ouest du massif de Bergell, dans les
Alpes (figure 12.8 ; Droop et Bucher-Nurminen, 1984) ; il est daté à 33 mA. Les
paragenèses diagnostiques sont constituées essentiellement de minéraux anhydres.
Quelques associations typiques sont à saphirine + quartz, spinelle + quartz, sillimanite
+ orthopyroxène alumineux (figures 14.11 et 6, planche 3), osumilite (un cyclosilicate
alumineux, magnésien et alcalin rare), mésoperthite. Ces associations minéralogiques
caractéristiques du métamorphisme d’UHT sont rencontrées dans des roches réfractaires, riches en alumine et magnésium, métapélites de composition particulière dont
l’origine est discutée. Mais ce métamorphisme peut également être reconnu dans les
lithologies magmatiques basiques et felsiques. Bien que le métamorphisme d’UHT
ait un caractère régional et affecte de vastes régions, les paragenèses sont rarement
préservées et les roches présentent souvent des assemblages coronitiques complexes
indiquant une rétromorphose dans des conditions PT moins rigoureuses du faciès
Granulite. La préservation de ces assemblages, qui supposent des vitesses de réaction
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de profondeur. Ces températures ne sont, en principe, pas dépassées : elles correspondent aux températures de la fusion « fluide absent » qui contrôle l’anatexie de la
croûte inférieure. Tant que cette fusion n’est pas interrompue, la température ne peut
pas augmenter. On dit que la réaction de fusion « tamponne » la température. Les
intrusions basiques associées se refroidissent et sont rééquilibrées dans les conditions
du faciès Granulite, parcourant un trajet isobare, rétrograde en température.
Nous l’avons noté précédemment : cette croûte inférieure granulitique est accessible à l’affleurement, dans la zone d’Ivrée, car elle a été exhumée à l’occasion de la
collision alpine, puisque le domaine austro-alpin (auquel appartient la zone d’Ivrée)
a chevauché la chaîne. À l’ouest de la chaîne alpine, en France, la croûte inférieure
n’est pas accessible, puisqu’elle a été sous-charriée sous la chaîne alpine. Le dôme
du Velay et le massif de l’Agly montrent la croûte médiane. C’est à la faveur de
structures volcaniques néogènes du Massif central français (maar de Bournac en Haute
Loire ; maar de Beaunit dans le Puy-de-Dôme) que les deux catégories de granulites
basi-crustales (et des péridotites du manteau) ont pu être exhumées sous la forme
d’enclaves (xénolithes) arrachées par la lave. Des enclaves métabasiques variées témoigneraient, sous le maar de Beaunit, d’une importante intrusion litée différenciée
d’âge permien, mise en place sous la croûte continentale (P = 1GPa). Gabbro-norites,
norites, pyroxénites, anorthosites se seraient refroidies dans les conditions du faciès
Granulite (750-800 °C). Elles ont acquis des paragenèses pouvant contenir clinopyroxène, orthopyroxène, plagioclase, hornblende brune, spinelle et grenat (Berger
et al., 2005).
14.4 MÉTAMORPHISME D’ULTRA-HAUTE TEMPÉRATURE
(UHT)
Le métamorphisme d’ultra-haute température (UHT) se caractérise par des températures
extrêmes, supérieures à 900 °C, pour des pressions modérées entre 0,7 à 1,4 GPa.
Les formations d’UHT se rencontrent dans le monde entier, sur tous les continents.
À une exception près, elles sont précambriennes ; le seul exemple post-précambrien
connu se trouve dans le complexe du Gruf, à l’ouest du massif de Bergell, dans les
Alpes (figure 12.8 ; Droop et Bucher-Nurminen, 1984) ; il est daté à 33 mA. Les
paragenèses diagnostiques sont constituées essentiellement de minéraux anhydres.
Quelques associations typiques sont à saphirine + quartz, spinelle + quartz, sillimanite
+ orthopyroxène alumineux (figures 14.11 et 6, planche 3), osumilite (un cyclosilicate
alumineux, magnésien et alcalin rare), mésoperthite. Ces associations minéralogiques
caractéristiques du métamorphisme d’UHT sont rencontrées dans des roches réfractaires, riches en alumine et magnésium, métapélites de composition particulière dont
l’origine est discutée. Mais ce métamorphisme peut également être reconnu dans les
lithologies magmatiques basiques et felsiques. Bien que le métamorphisme d’UHT
ait un caractère régional et affecte de vastes régions, les paragenèses sont rarement
préservées et les roches présentent souvent des assemblages coronitiques complexes
indiquant une rétromorphose dans des conditions PT moins rigoureuses du faciès
Granulite. La préservation de ces assemblages, qui supposent des vitesses de réaction
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