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14.2 • Hypercollision et dômes migmatitiques dans la croûte continentale médiane
aurait une saute des conditions du métamorphisme. Andrieux (1982) décrit une
évolution rétrograde discrète dans la charnockite : déstabilisation de l’orthopyroxène
en symplectite à Bt + Qtz, dans les gneiss encaissants : déstabilisation des assemblages
Grt +Kfs en Crd + Bt ; Gt + Sil + Qtz en Crd et apparition de Sil 2 ou d’andalousite
en association avec la biotite suggérant un fonctionnement inverse de la réaction 6 dans
les champs de stabilité de la sillimanite, puis de l’andalousite. Cette rétromorphose
en P et T pourrait correspondre au rééquilibrage vers les conditions du gradient de
BP de l’extérieur du dôme.
Le gradient thermique très élevé dans le massif de l’Agly, à la transition des faciès
Amphibolites et Granulite/anatexie, suggère un amincissement de la croûte continentale dans sa portion médiane. L’hypothèse d’une saute des conditions de pressions
entre le dôme gneissique et son enveloppe pourrait s’expliquer par le fonctionnement
d’une (ou des) zone(s) de cisaillement soustractif, qui est reconnu sur le terrain. Toutefois, leur importance est discutée. Pour certains, ces zones de cisaillement seraient
des failles normales ductiles synmétamorphes responsables de l’amincissement
crustal dans un régime en extension (Bouhallier et al., 1991) : cet amincissement est
responsable d’une décompression qui pourrait favoriser la rétromorphose des granulites. En accord avec cette hypothèse, Althoff et al. (1994) observe de petites failles
normales synmagmatiques dans la charnockite d’Ansigan et propose que la mise en
place de celle-ci soit contemporaine de cette tectonique en extension. À l’opposé, il
est envisagé que cet amincissement crustal soit d’âge crétacé. Olivier et al. (2001)
contestent l’existence de failles de détachement et proposent que le dôme gneissique
se forme dans un régime tectonique en transpression. Selon eux, le gradient thermique
élevé serait lié à la mise en place de plusieurs intrusions : basiques, charnockitique
et granitique, combiné à un amincissement crustal localisé.
On voit donc que l’interprétation structurale du massif de l’Agly reste discutée.
Toutefois, ce gradient métamorphique de HT-BP correspond très vraisemblablement
à un transfert de la croûte inférieure vers la croûte supérieure à la fin de l’histoire de
la chaîne hercynienne. Cette exhumation est associée à un transfert de chaleur
advectif lié à la mise en place d’intrusions magmatiques mantelliques et crustales.
L’injection de roches mafiques à partir du manteau supérieur est sans doute à l’origine
des charnockites d’Ansignan, par fusion partielle des gneiss de Caramany. Quant à
l’hypothèse crétacée, ne peut-on imaginer un nouvel événement d’extension lié au
métamorphisme pyrénéen qui aurait ainsi permis la mise à l’affleurement de ces
roches profondes tardi-hercyniennes?
14.2.2 Le massif du Pilat et le dôme anatectique du Velay
À l’ouest de Vienne, le massif du Pilat se situe entre les monts du Lyonnais et le
bassin carbonifère de Saint-Étienne au nord, et le massif du Velay au sud. Les monts
du Lyonnais sont affectés par un métamorphisme de gradient de MP-HP à reliques
de (U)HP-HT (éclogites à coésite et métapéridodite à grenat du Bois des Feuilles)
dans un complexe leptyno-amphibolitique. Le gradient métamorphique de BP-HT dans
le massif du Pilat est croissant du nord vers le sud jusqu’au volumineux massif du
9782100522682-Nicollet.fm Page 207 Mardi, 29. décembre 2009 4:34 16
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14.2 • Hypercollision et dômes migmatitiques dans la croûte continentale médiane
aurait une saute des conditions du métamorphisme. Andrieux (1982) décrit une
évolution rétrograde discrète dans la charnockite : déstabilisation de l’orthopyroxène
en symplectite à Bt + Qtz, dans les gneiss encaissants : déstabilisation des assemblages
Grt +Kfs en Crd + Bt ; Gt + Sil + Qtz en Crd et apparition de Sil 2 ou d’andalousite
en association avec la biotite suggérant un fonctionnement inverse de la réaction 6 dans
les champs de stabilité de la sillimanite, puis de l’andalousite. Cette rétromorphose
en P et T pourrait correspondre au rééquilibrage vers les conditions du gradient de
BP de l’extérieur du dôme.
Le gradient thermique très élevé dans le massif de l’Agly, à la transition des faciès
Amphibolites et Granulite/anatexie, suggère un amincissement de la croûte continentale dans sa portion médiane. L’hypothèse d’une saute des conditions de pressions
entre le dôme gneissique et son enveloppe pourrait s’expliquer par le fonctionnement
d’une (ou des) zone(s) de cisaillement soustractif, qui est reconnu sur le terrain. Toutefois, leur importance est discutée. Pour certains, ces zones de cisaillement seraient
des failles normales ductiles synmétamorphes responsables de l’amincissement
crustal dans un régime en extension (Bouhallier et al., 1991) : cet amincissement est
responsable d’une décompression qui pourrait favoriser la rétromorphose des granulites. En accord avec cette hypothèse, Althoff et al. (1994) observe de petites failles
normales synmagmatiques dans la charnockite d’Ansigan et propose que la mise en
place de celle-ci soit contemporaine de cette tectonique en extension. À l’opposé, il
est envisagé que cet amincissement crustal soit d’âge crétacé. Olivier et al. (2001)
contestent l’existence de failles de détachement et proposent que le dôme gneissique
se forme dans un régime tectonique en transpression. Selon eux, le gradient thermique
élevé serait lié à la mise en place de plusieurs intrusions : basiques, charnockitique
et granitique, combiné à un amincissement crustal localisé.
On voit donc que l’interprétation structurale du massif de l’Agly reste discutée.
Toutefois, ce gradient métamorphique de HT-BP correspond très vraisemblablement
à un transfert de la croûte inférieure vers la croûte supérieure à la fin de l’histoire de
la chaîne hercynienne. Cette exhumation est associée à un transfert de chaleur
advectif lié à la mise en place d’intrusions magmatiques mantelliques et crustales.
L’injection de roches mafiques à partir du manteau supérieur est sans doute à l’origine
des charnockites d’Ansignan, par fusion partielle des gneiss de Caramany. Quant à
l’hypothèse crétacée, ne peut-on imaginer un nouvel événement d’extension lié au
métamorphisme pyrénéen qui aurait ainsi permis la mise à l’affleurement de ces
roches profondes tardi-hercyniennes?
14.2.2 Le massif du Pilat et le dôme anatectique du Velay
À l’ouest de Vienne, le massif du Pilat se situe entre les monts du Lyonnais et le
bassin carbonifère de Saint-Étienne au nord, et le massif du Velay au sud. Les monts
du Lyonnais sont affectés par un métamorphisme de gradient de MP-HP à reliques
de (U)HP-HT (éclogites à coésite et métapéridodite à grenat du Bois des Feuilles)
dans un complexe leptyno-amphibolitique. Le gradient métamorphique de BP-HT dans
le massif du Pilat est croissant du nord vers le sud jusqu’au volumineux massif du
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