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13.2 • Le gradient métamorphique de moyenne pression
décompression et, de ce fait, ont suivi un trajet rétrograde en pression. Ainsi, le
gradient métamorphique de MP-HT du massif du Lévezou n’est pas obtenu par la
combinaison d’un ensemble de roches aux trajets progrades similaires, mais à partir
de roches aux trajets différents. Au sein de la série gréso-pélitique à l’extérieur du
dôme, la portion de gradient métamorphique est obtenue grâce aux pics en température de roches qui ont suivi des trajets progrades. Dans le CLA, les roches suivent des
trajets rétrogrades depuis des conditions de HP du faciès des Éclogites et s’équilibrent
le long du gradient métamorphique de moyenne pression.
13.2 LE GRADIENT MÉTAMORPHIQUE DE MOYENNE
PRESSION : UN COUP DE FREIN À L’ENFOUISSEMENT
L’étude des séries métamorphiques de moyenne pression-haute température à l’échelle
de la chaîne hercynienne d’Europe occidentale et, à une échelle plus locale, à
l’échelle du Massif central français (figure 13.3) montre qu’il en existe deux types
différents.
Certaines séries métamorphiques exposent un gradient métamorphique de MP
typique affectant des lithologies essentiellement métapélitiques et orthogneissiques
(qui sont des granites cambro-ordoviciens). Ces formations, en position géométrique
« basse » sont qualifiées d’autochtones, para-autochtones et « unités inférieures des
gneiss » (UIG).
Les formations précédentes sont surmontées par les « unités supérieures des gneiss »
(USG). Celles-ci contiennent souvent à leur base le complexe leptyno-amphibolitique
(CLA). Le CLA montre une association de roches métamorphiques ultrabasiques
(d’origine mantellique), basiques (amphibolites) et acides (leptynites), associées à
des lithologies variées, d’origine continentale (carbonates, gneiss, etc.). Cette appellation de CLA ne se réfère pas au volume des amphibolites et leptynites qui représentent rarement plus de 20 % de l’ensemble des roches de la formation, mais plutôt
à l’importance géodynamique de celles-ci : ces roches magmatiques métamorphisées
sont interprétées, pour partie, comme des reliques de la croûte océanique au sens
large, preuves de l’existence d’un océan, avant la collision hercynienne.
Un autre point remarquable de l’USG est la présence de reliques d’assemblages
de haute pression : éclogites, métapéridotites à grenat, plus particulièrement localisées
dans le CLA, et métapélites granulitiques. Ces reliques sont de petite taille : quelques décimètres cubes à, rarement, quelques hectomètres-kilomètres cubes et elles
représentent un volume dérisoire dans la formation. Il n’empêche que leur existence
a une signification géodynamique importante. La présence de ces témoins de HP,
c’est-à-dire métamorphisés à grande profondeur, montre que des roches profondes
des « unités supérieures des gneiss » se sont mises en place sur les formations plus
superficielles des « unités inférieures des gneiss ». L’« unité supérieure des gneiss »
chevauche l’« unité inférieure des gneiss ». L’occurrence de roches mantelliques
serpentinisées à la base du CLA témoigne que ce chevauchement est un contact
tectonique majeur, impliquant l’ensemble de la lithosphère.
9782100522682-Nicollet.fm Page 181 Mardi, 29. décembre 2009 4:34 16
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