Chapitre 12 • Les métamorphismes HP et UHP-BT : l’exemple alpin
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métamorphique. Il est aussi présent dans les métapélites du faciès des Schistes bleus
dans les domaines océaniques Valaisan et Ligure. Lorsque la température augmente,
la carpholite est remplacée par le chloritoïde vers 400 °C (figure 12.1, figure 5 et 6
de la planche 7).
La lawsonite, un sorosilicate alumino-calcique hydraté, est également abondante
dans les métapélites et calcschistes de l’unité des Schistes lustrés. Elle est souvent
associée à la carpholite, mais son champ de stabilité est un peu plus large vers les
hautes températures (figure 12.1). La cookéite, une chlorite lithinifère, est un autre
minéral index dans les conditions de bas degré (entre 300 et 450 °C), dans les
domaines dauphinois et briançonnais.
Dans les conditions du faciès Éclogite, la paragenèse typique des « micaschistes
éclogitiques », décrite pour la première fois dans la zone de Sésia-Lanzo, est à
quartz, phengite, jadéite, chloritoïde, grenat, glaucophane.
La matière organique carbonée des métasédiments est très utile pour caractériser
l’évolution métamorphique. Elle est abondante dans les Alpes de l’Ouest dans les
charbons du domaine briançonnais ; elle est omniprésente dans la série de Schistes
lustrés. Les structures désorientées de la matière organique à basse température
évoluent vers la structure très organisée du graphite. Cette évolution de la structure
est dépendante de l’évolution de la température et semble indépendante de la pression. Analysée par micro-spectroscopie Raman, la structure du graphite est un bon
géothermomètre, avec une marge d’erreur inférieure à 50 °C (Beyssac et al., 2002).
Ces auteurs montrent qu’il existe une relation linéaire entre la température et le
rapport de différents pics des bandes spectrales qui caractérisent le graphite. Par
ailleurs, la structure du graphite ne serait pas affectée par la rétromorphose et le
minéral enregistrerait et préserverait la température du pic du métamorphisme. Des
mesures systématiques effectuées à travers les Alpes occidentales montrent une
augmentation progressive de la température à travers les unités métamorphisées
dans les conditions des faciès Schistes verts, Schistes bleus et Éclogite, depuis
300 °C jusqu’à 550 °C. Le diamant, polymorphe de ultra-haute pression du carbone,
n’a pas été trouvé sur cette transversale.
• Les méta-ophiolites
Les séries ophiolitiques formées dans le bassin Liguro-Piémontais jurassique comprennent des basaltes, des gabbros, des péridotites, des serpentinites et rares roches
acides métamorphisés (voir chap. 15). On distingue les méta-ophiolites des quelques
roches basiques provenant de la croûte continentale métamorphisée, comme les
amphibolites et granulites hercyniennes de la zone de Sésia-Lanzo.
Ces roches magmatiques du bassin océanique alpin montrent un large spectre de
composition chimique lié à la différenciation tholéiitique, s’échelonnant depuis des
gabbros (à olivine) riche en Mg et Cr à des gabbros (et basaltes) riches en fer et
titane. Ces différentes lithologies ont été affectées par le métamorphisme océanique
et l’hydrothermalisme qui influencent la minéralogie des métabasites alpines. L’hydrothermalisme est responsable du développement d’altérations rodingitiques. Une fois
métamorphisées à l’alpin, ces métarodingites sont à diopside, vésuvianite (encore
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