131
9.4 • Cinétique de réaction et préservation des roches métamorphiques
régime de compression, est importante ; l’eau est abondante, libérée par les réactions
de déshydratation et la pression partielle d’eau égale à la pression lithostatique est sans
doute la règle générale. Peut-être qu’elle la dépasse même régulièrement, engendrant
une fracturation hydraulique favorisant l’infiltration du fluide. Il est vraisemblable
que les réactions progrades dans les métapélites (et autres métasédiments hydratés)
se réalisent au cours de séries de réactions ioniques comme celles discutées ci-dessus.
Dans ce cas, le dépassement en température est faible (quelques degrés) et les roches
recristallisent à la même vitesse que l’évolution des paramètres P-T. Les reliques de
cette évolution prograde sont exceptionnelles. De telles reliques existent dans les
roches peu hydratées et peu perméables, comme les métabasites, et qui ont échappé,
sous la forme de boudin, à la déformation et à l’infiltration de fluides.
Au cours du trajet rétrograde en température, la déformation est peu importante et
l’eau n’est plus disponible. Sur la figure 9.3, le dépassement en T se fait vers les
basses températures, à partir de la courbe d’équilibre. Celui-ci implique que les
réactions avec un DT important (c’est-à-dire celles faisant intervenir essentiellement
des phases anhydres) ne pourraient se réaliser qu’à très basses températures. Mais
nous avons indiqué le rôle important de la T sur la cinétique : ainsi, ces réactions ne
se réalisent pas dans le sens rétrograde. Par contre, les réactions faisant intervenir
l’eau ont des dépassements en T très faibles, mais dans ce cas, c’est l’eau qui n’est
généralement plus disponible !
Pendant l’évolution rétrograde, les vitesses de réaction sont faibles et seules des
zones limitées recristallisent et enregistrent cette évolution rétrograde. Nous avons
décrit précédemment l’exemple du Cap Creus (paragraphes 4.2 et 6.4.2) où la recristallisation rétrograde est contrôlée par la déformation localisée aux zones de cisaillement et par l’infiltration de fluides localisée au voisinage des pegmatites.
9782100522682-Nicollet.fm Page 131 Mardi, 29. décembre 2009 4:34 16
9.4 • Cinétique de réaction et préservation des roches métamorphiques
régime de compression, est importante ; l’eau est abondante, libérée par les réactions
de déshydratation et la pression partielle d’eau égale à la pression lithostatique est sans
doute la règle générale. Peut-être qu’elle la dépasse même régulièrement, engendrant
une fracturation hydraulique favorisant l’infiltration du fluide. Il est vraisemblable
que les réactions progrades dans les métapélites (et autres métasédiments hydratés)
se réalisent au cours de séries de réactions ioniques comme celles discutées ci-dessus.
Dans ce cas, le dépassement en température est faible (quelques degrés) et les roches
recristallisent à la même vitesse que l’évolution des paramètres P-T. Les reliques de
cette évolution prograde sont exceptionnelles. De telles reliques existent dans les
roches peu hydratées et peu perméables, comme les métabasites, et qui ont échappé,
sous la forme de boudin, à la déformation et à l’infiltration de fluides.
Au cours du trajet rétrograde en température, la déformation est peu importante et
l’eau n’est plus disponible. Sur la figure 9.3, le dépassement en T se fait vers les
basses températures, à partir de la courbe d’équilibre. Celui-ci implique que les
réactions avec un DT important (c’est-à-dire celles faisant intervenir essentiellement
des phases anhydres) ne pourraient se réaliser qu’à très basses températures. Mais
nous avons indiqué le rôle important de la T sur la cinétique : ainsi, ces réactions ne
se réalisent pas dans le sens rétrograde. Par contre, les réactions faisant intervenir
l’eau ont des dépassements en T très faibles, mais dans ce cas, c’est l’eau qui n’est
généralement plus disponible !
Pendant l’évolution rétrograde, les vitesses de réaction sont faibles et seules des
zones limitées recristallisent et enregistrent cette évolution rétrograde. Nous avons
décrit précédemment l’exemple du Cap Creus (paragraphes 4.2 et 6.4.2) où la recristallisation rétrograde est contrôlée par la déformation localisée aux zones de cisaillement et par l’infiltration de fluides localisée au voisinage des pegmatites.
9782100522682-Nicollet.fm Page 131 Mardi, 29. décembre 2009 4:34 16
