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8.6 • Précautions d’utilisation de la géothermobarométrie
stabilité des différents assemblages minéralogiques à l’équilibre pour une composition
donnée de roche. Ce n’est pas une grille pétrogénétique qui, elle montre toutes les
réactions possibles pour un système chimique, indépendamment de la composition
précise de la roche. La pseudosection visualise le domaine de stabilité d’assemblages
multivariants de la roche spécifiée. Les lignes d’une pseudosection ne sont pas des
réactions univariantes comme c’est le cas dans les grilles pétrogénétiques, mais elles
correspondent à des lignes d’apparition ou de disparition d’une phase. Les champs en
contact, séparés par une de ces lignes, ont obligatoirement une différence de variance
de 1 (figure 8.8).
La pseudosection donne la position dans l’espace P-T du champ correspondant à
l’assemblage minéralogique de la roche considérée. Elle peut également donner la
proportion et la composition des minéraux (sous la forme de courbes isoplèthes) dans
ce champ. Elle prédit aussi les paragenèses dans les différentes conditions de l’espace
PT. Cette information est intéressante si l’on cherche à tracer le trajet PTt de la roche
et/ou bien si celle-ci contient des phases dont on a du mal à estimer la chronologie
relative : précoces, contemporaines ou tardives par rapport à la paragenèse supposée.
8.6 PRÉCAUTIONS D’UTILISATION
DE LA GÉOTHERMOBAROMÉTRIE
L’interprétation des résultats de la géothermobarométrie doit être faite avec discernement et esprit critique. Il ne faut pas oublier les limites et négliger les marges
d’erreur importantes de la géothermobarométrie ! La première condition pour une
estimation correcte des conditions P et T est de travailler sur un couple de minéraux
ou assemblages de minéraux à l’équilibre. L’étude débute par une analyse pétrographique soigneuse et se poursuit par un aller-retour entre le calcul et la lame
mince. Le (ou les) thermo-baromètre(s) choisi(s) doi(ven)t être appliqué(s) dans un
intervalle de conditions P-T, pour un assemblage minéralogique donné, imposé par
les conditions de l’expérimentation. Ainsi, pour des raisons de cinétique de réaction,
les expériences sont réalisées à hautes températures, souvent supérieures à 600 °C :
l’extrapolation vers les basses températures augmente l’incertitude sur le résultat
obtenu. Un autre exemple des limites d’application est donné par l’utilisation aux
éclogites du baromètre basé sur la concentration en jadéite (pôle pur sodique du
clinopyroxène) de l’omphacite. Celui-ci est basé sur la réaction albite = jadéite + quartz
et la constante d’équilibre K est calculée à partir des activités de la jadéite dans le
clinopyroxène, de la silice dans le quartz et de l’albite dans le plagioclase. Les conditions d’application de ce baromètre sont donc la présence de quartz, ce qui n’est pas
toujours le cas, et de plagioclase, ce qui est rarement le cas ! Par définition, l’éclogite
est une roche sans plagioclase : la pression obtenue en appliquant ce baromètre sur
une éclogite (sans plagioclase) est une pression minimale.
Afin de minimiser les erreurs, une approche multi-méthodes est souhaitable. La
solution qui se dessine est, sans doute, l’utilisation de la thermobarométrie conventionnelle combinée aux pseudosections, en utilisant une base de données thermodynamiques (paramètres thermodynamiques des différents minéraux, mais aussi des
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8.6 • Précautions d’utilisation de la géothermobarométrie
stabilité des différents assemblages minéralogiques à l’équilibre pour une composition
donnée de roche. Ce n’est pas une grille pétrogénétique qui, elle montre toutes les
réactions possibles pour un système chimique, indépendamment de la composition
précise de la roche. La pseudosection visualise le domaine de stabilité d’assemblages
multivariants de la roche spécifiée. Les lignes d’une pseudosection ne sont pas des
réactions univariantes comme c’est le cas dans les grilles pétrogénétiques, mais elles
correspondent à des lignes d’apparition ou de disparition d’une phase. Les champs en
contact, séparés par une de ces lignes, ont obligatoirement une différence de variance
de 1 (figure 8.8).
La pseudosection donne la position dans l’espace P-T du champ correspondant à
l’assemblage minéralogique de la roche considérée. Elle peut également donner la
proportion et la composition des minéraux (sous la forme de courbes isoplèthes) dans
ce champ. Elle prédit aussi les paragenèses dans les différentes conditions de l’espace
PT. Cette information est intéressante si l’on cherche à tracer le trajet PTt de la roche
et/ou bien si celle-ci contient des phases dont on a du mal à estimer la chronologie
relative : précoces, contemporaines ou tardives par rapport à la paragenèse supposée.
8.6 PRÉCAUTIONS D’UTILISATION
DE LA GÉOTHERMOBAROMÉTRIE
L’interprétation des résultats de la géothermobarométrie doit être faite avec discernement et esprit critique. Il ne faut pas oublier les limites et négliger les marges
d’erreur importantes de la géothermobarométrie ! La première condition pour une
estimation correcte des conditions P et T est de travailler sur un couple de minéraux
ou assemblages de minéraux à l’équilibre. L’étude débute par une analyse pétrographique soigneuse et se poursuit par un aller-retour entre le calcul et la lame
mince. Le (ou les) thermo-baromètre(s) choisi(s) doi(ven)t être appliqué(s) dans un
intervalle de conditions P-T, pour un assemblage minéralogique donné, imposé par
les conditions de l’expérimentation. Ainsi, pour des raisons de cinétique de réaction,
les expériences sont réalisées à hautes températures, souvent supérieures à 600 °C :
l’extrapolation vers les basses températures augmente l’incertitude sur le résultat
obtenu. Un autre exemple des limites d’application est donné par l’utilisation aux
éclogites du baromètre basé sur la concentration en jadéite (pôle pur sodique du
clinopyroxène) de l’omphacite. Celui-ci est basé sur la réaction albite = jadéite + quartz
et la constante d’équilibre K est calculée à partir des activités de la jadéite dans le
clinopyroxène, de la silice dans le quartz et de l’albite dans le plagioclase. Les conditions d’application de ce baromètre sont donc la présence de quartz, ce qui n’est pas
toujours le cas, et de plagioclase, ce qui est rarement le cas ! Par définition, l’éclogite
est une roche sans plagioclase : la pression obtenue en appliquant ce baromètre sur
une éclogite (sans plagioclase) est une pression minimale.
Afin de minimiser les erreurs, une approche multi-méthodes est souhaitable. La
solution qui se dessine est, sans doute, l’utilisation de la thermobarométrie conventionnelle combinée aux pseudosections, en utilisant une base de données thermodynamiques (paramètres thermodynamiques des différents minéraux, mais aussi des
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