Chapitre 17
Méthodes de dosage par marquage
Plusieurs méthodes de dosage consistent à mélanger à l’échantillon une quantité connue
du composé que l’on veut doser, sous forme marquée, afin qu’il soit reconnaissable. Quand
après mélange des deux formes dans l’échantillon, on en récupère une petite partie, par un
moyen adapté, il devient possible, à partir des proportions de chacune d’elles, de calculer la quantité initiale. Ce procédé est quasi-incontournable quand on fait des dosages de
traces d’analytes après une étape d’extraction, rarement totale. On utilise principalement
deux types de marquages, soit isotopique (stable ou radioactif) soit enzymatique. Ce dernier procédé est appliqué pour les tests de radio-immunologie (RIA, en voie d’abandon) et
d’immunoenzymologie (EIA), dont font partie les tests ELISA. Réservés il y a peu de temps
encore à l’étude de substances biologiques, leur application en chimie devient courante. Enfin une autre méthode d’analyse élémentaire, dite par activation neutronique, peut être rattachée aux précédentes. Elle implique l’irradiation de l’échantillon par des neutrons. Cette
méthode d’une grande sensibilité rend radioactif, malheureusement, l’échantillon traité.
17.1 PRINCIPE DES MÉTHODES DE MARQUAGE
Pour déterminer la concentration massique d’un composé dans un mélange, une méthode
évidente mais utopique serait de le séparer en totalité pour pouvoir le peser. Malheureusement ce procédé ne peut que rarement être mis en application — l’extraction étant ni
totalement sélective ni quantitative, voire impossible s’il s’agit d’une concentration très
faible. On peut considérer néanmoins que la chromatographie analytique d’un échantillon,
méthode séparative par excellence, est une manière indirecte de réaliser ce type d’approche.
Il existe heureusement d’autres possibilités rassemblées sous le terme général de marquage.
Pour doser un analyte dans un échantillon, on ajoute à la prise d’essai une quantité connue
du même composé sous forme marquée, c’est à dire porteur d’une sorte d’étiquette qui a
pour but de pouvoir le distinguer du composé réellement présent à l’origine dans l’échantillon. Ensuite, après avoir bien mélangé les deux formes, on en récupère une fraction pour
calculer, d’après sa composition, la quantité initialement présente. Le marquage du composé ne doit pas altérer son comportement dans l’étape de récupération. Il ne s’agit pas
d’une méthode classique d’ajout.
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