4
LES REMONTÈES D'EAUX CÔTIÈRES
1
Présentation d‘une région de remontée d'eau
1.1
HORIZONS
DE
PRODUCTION
ET
DE
MINERALISATION
On ne peut comprendre les effets biologiques d'une résurgence* sans
considérer la répartition verticale habituelle des deux principaux facteurs qui
conditionnent la production autotrophe*: la lumière et les sels nutritifs*. L‘écosystème
pélagique* présente, en effet, quelques traits qui le distinguent de toute autre
communauté (Margalef, 19578 ):
t) l'élimination continuelle d‘une partie de sa population par sédimentation. La
densité moyenne du plancton* (1,10) est supérieure a celle de l'eau de mer (1,03).
Tant qu‘il demeure en bon état physiologique, le plancton se maintient dans les
strates superficielles grâce à des mécanismes actifs consommateurs d'énergie:
régulation de la pression osmotique, mouvements d'appendices ou de flagelles. Son
taux de croissance* peut alors compenser les pertes. Mais, en mauvaise santé ou
mort, il sédimente rapidement avec des vitesses de plusieurs mètres par jour.
2) la position de l'horizon de minéralisation sous l‘horizon de production. Lors de sa
chute vers les profondeurs, la matière organique subit la dégradation oxydative par
les bactéries hétérotrophes*, ce qui libère progressivement les éléments minéraux.
Nous présenterons, dans cet ouvrage, de nombreux exemples de profils d'oxygène
et de sels nutritifs qui soulignent cet effet. La vitesse d' oxydation dépend de la
nature du matériel organique et de la température de l‘eau: elle est plus rapide pour
le phosphore que pour l‘azote bien que , pour ces éléments, la minéralisation soit
conduite à son terme dans les premières centaines de mètres.
Nous venons de montrer qu‘en raison de la sédimentation des organismes
le niveau de minéralisation se situait relativement en profondeur. A l'inverse,
l'atténuation
rapide de l‘énergie lumineuse avec la profondeur, limite la
photosynthèse aux strates superficielles. L'épaisseur de cette couche euphotique
*
varie de quelques mètres à plus de 100 m selon la transparence des eaux. L'hoñzon
de
production
autotrophe se situe donc toujours au-dessus du niveau de
minéralisation. Hormis le cas d'apport par les fleuves, la persistance de la vie
pélagique implique donc un retour, continu ou périodique, des sels nutritifs des
profondeurs vers la couche euphotique (Fig. 1.1). Cette situation est comparable à
l'action du soc de la charrue dont l'énergie assure la fertilisation à partir des réserves
minérales profondes. En mer, c‘est l'extension de l' axe vertical pouvant atteindre
plusieurs milliers de mètres, qui rend ce problème crucial.
Les astérisques renvoient, pour des explications détaillées, au Glossaire-Index
situé en fin d‘ouvrage.
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