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9 • La conservation de la diversité biologique
L’idée que la protection de la Nature et la préservation de la diversité
biologique passent par le droit des populations à préserver leurs territoires ainsi que leurs modes de vie a longtemps paru iconoclaste pour
les conservationnistes habitués à percevoir les populations humaines
comme des facteurs de perturbation et de dégradation des écosystèmes.
Pourtant, les hommes ont utilisé une grande variété de ressources
biologiques, dans des milieux très divers, en mettant en œuvre une
multitude de techniques spécialement adaptées.
Les recherches en ethnobiologie ont permis de mieux connaître cet
ensemble de connaissances et de comportements représentant un patrimoine culturel. Ainsi, on a étudié de nombreuses sociétés de pêcheurs
dont l’organisation et les pratiques permettaient de protéger la ressource
de manière bien plus efficace que les modes de gestion étatique le plus
souvent inopérants faute de moyens appropriés. Si de nombreux enseignements peuvent être tirés de ces savoirs populaires, il faut admettre
néanmoins que les changements démographiques, économiques et
politiques ont profondément modifié les comportements sociaux. Des
systèmes de gestion qui étaient adaptés à certains types de contraintes,
dans un contexte précis, ne le sont plus dans les conditions économiques
et démographiques actuelles. Certains pensent également que l’on renoue
avec le mythe du «bon sauvage», respectueux de son environnement,
alors qu’il existe de nombreux exemples montrant que des sociétés
traditionnelles ont disparu en raison de la dégradation de leur environnement. C’est le cas, par exemple, pour les sociétés de l’île de Pâques
et, semble-t-il, pour les Mayas. En outre, et bien que ce problème soit
peu médiatisé, le braconnage par les autochtones est actuellement une
des causes principales de l’érosion de la biodiversité. Rappelons aussi
que la recherche des produits utilisés par les médecines traditionnelles
fait peser de graves menaces sur certaines espèces.
Il n’en reste pas moins que, dans certains cas, les modes de gestion
traditionnelle peuvent se révéler utiles. Ainsi, en matière de gestion des
pêches artisanales, on a voulu appliquer dans les pays en développement
des modes de gestion centralisée, à l’occidentale, qui se sont révélés
catastrophiques à l’usage. On pense à réhabiliter les modes de gestion
traditionnelle, sous la responsabilité des communautés qui avaient montré
leur efficacité dans le passé. Si tant est que ce soit encore possible compte
tenu de la pression démographique et de la dégradation des stocks.
La question des savoirs traditionnels a surtout été l’occasion de faire
apparaître des revendications identitaires face au pouvoir central. La
gestion de la biodiversité, dans ce contexte, n’est le plus souvent qu’un
faire-valoir.
9 • La conservation de la diversité biologique
L’idée que la protection de la Nature et la préservation de la diversité
biologique passent par le droit des populations à préserver leurs territoires ainsi que leurs modes de vie a longtemps paru iconoclaste pour
les conservationnistes habitués à percevoir les populations humaines
comme des facteurs de perturbation et de dégradation des écosystèmes.
Pourtant, les hommes ont utilisé une grande variété de ressources
biologiques, dans des milieux très divers, en mettant en œuvre une
multitude de techniques spécialement adaptées.
Les recherches en ethnobiologie ont permis de mieux connaître cet
ensemble de connaissances et de comportements représentant un patrimoine culturel. Ainsi, on a étudié de nombreuses sociétés de pêcheurs
dont l’organisation et les pratiques permettaient de protéger la ressource
de manière bien plus efficace que les modes de gestion étatique le plus
souvent inopérants faute de moyens appropriés. Si de nombreux enseignements peuvent être tirés de ces savoirs populaires, il faut admettre
néanmoins que les changements démographiques, économiques et
politiques ont profondément modifié les comportements sociaux. Des
systèmes de gestion qui étaient adaptés à certains types de contraintes,
dans un contexte précis, ne le sont plus dans les conditions économiques
et démographiques actuelles. Certains pensent également que l’on renoue
avec le mythe du «bon sauvage», respectueux de son environnement,
alors qu’il existe de nombreux exemples montrant que des sociétés
traditionnelles ont disparu en raison de la dégradation de leur environnement. C’est le cas, par exemple, pour les sociétés de l’île de Pâques
et, semble-t-il, pour les Mayas. En outre, et bien que ce problème soit
peu médiatisé, le braconnage par les autochtones est actuellement une
des causes principales de l’érosion de la biodiversité. Rappelons aussi
que la recherche des produits utilisés par les médecines traditionnelles
fait peser de graves menaces sur certaines espèces.
Il n’en reste pas moins que, dans certains cas, les modes de gestion
traditionnelle peuvent se révéler utiles. Ainsi, en matière de gestion des
pêches artisanales, on a voulu appliquer dans les pays en développement
des modes de gestion centralisée, à l’occidentale, qui se sont révélés
catastrophiques à l’usage. On pense à réhabiliter les modes de gestion
traditionnelle, sous la responsabilité des communautés qui avaient montré
leur efficacité dans le passé. Si tant est que ce soit encore possible compte
tenu de la pression démographique et de la dégradation des stocks.
La question des savoirs traditionnels a surtout été l’occasion de faire
apparaître des revendications identitaires face au pouvoir central. La
gestion de la biodiversité, dans ce contexte, n’est le plus souvent qu’un
faire-valoir.
