6.4 Adaptation des agents pathogènes aux moyens de lutte
161
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
• la sélection qui trie les gènes les mieux adaptés à l’environnement.
En présence d’insecticides, les gènes de résistance sont sélectionnés
et, peu à peu, augmentent en fréquence;
• la migration qui permet à ces nouveaux gènes de se disperser hors
de leur zone géographique d’origine.
L’apparition de résistances à des produits chimiques utilisés dans
la lutte contre les organismes indésirables (pathogènes, vecteurs de
maladies, ravageurs de cultures) est un phénomène de plus en plus
courant qui touche tous les embranchements des êtres vivants, des
bactéries aux eucaryotes les plus évolués. Ainsi, la résistance des
insectes diminue l’efficacité des insecticides avec des répercussions en
médecine vétérinaire (traitement antiparasitaire du bétail), en agriculture
(protection des végétaux) et en santé humaine (traitement contre les
vecteurs de maladies et contre les «nuisances»).
L’action toxique des insecticides est due à leur fixation sur des récepteurs biologiques – la plupart du temps des protéines du système
nerveux – dont le fonctionnement est alors perturbé. Ces molécules,
cibles des insecticides, peuvent subir des mutations ponctuelles qui
donnent aux organismes concernés la possibilité de survivre à des doses
de substances toxiques qui sont normalement mortelles.
Mais la perte de toxicité peut également résulter d’une modification
de l’activité des enzymes de détoxication, essentiellement des estérases.
Il y a chez les individus résistants une surproduction de ces protéines
qui piègent pratiquement toute molécule de pesticide qui pénètre à
l’intérieur de l’organisme. Parmi les mécanismes biochimiques et génétiques impliqués, un des mieux connus est l’amplification des gènes qui
codent pour ces protéines à activité estérasique. Dans le cas du moustique
Les moustiques font de la résistance
La lutte contre les moustiques en Afrique de l’ouest se fait par la
pulvérisation d’insecticides et l’utilisation de moustiquaires imprégnées de pyréthrinoïdes. Ces méthodes sont mises partiellement
en échec par le gène KDR (knock down resistance) qui résulte
d’une mutation empêchant l’insecticide de se fixer dans l’organisme
du moustique. La résistance apparue suite au traitement massif de
champs de coton en Côte d’Ivoire s’est étendue à de nombreuses
régions d’Afrique de l’Ouest, avec une prévalence parfois supérieure à 90%. La diffusion de cette résistance varie néanmoins
selon les régions et selon les espèces d’anophèles.
Précédent

- 174/274

Suivant