104
4 • Dynamique de la diversité biologique et activités humaines
étaient représentés. Toutes ces espèces ne se naturaliseront pas mais en
fonction des circonstances, certaines s’installeront dans de nouveaux
milieux. Il en résulte que beaucoup de baies, d’estuaires, de lagunes et
de lacs sont actuellement le siège d’apports répétés d’espèces dont les
facultés d’adaptation, ainsi que le rôle et l’impact écologiques ne sont
pas toujours prévisibles. C’est ce que certains ont appelé la «roulette
écologique».
L’exemple des Grands Lacs d’Amérique du Nord est également
symptomatique. Au cours du siècle dernier, le nombre d’espèces exotiques s’est considérablement accru. On estime que depuis 1970 environ
75% d’entre elles proviennent de l’eau contenue dans les ballasts des
bateaux transocéaniques arrivant d’Eurasie. Qui plus est, la majorité
de ces espèces est native de la région ponto-caspienne (mers d’Azov,
Caspienne, Noire).
Les phénomènes de déplacement volontaire ou accidentel d’individus
d’un écosystème vers un autre sont relativement fréquents. Souvent,
les conditions environnementales rencontrées par les migrants ne leur
sont pas favorables de telle sorte qu’ils ne font qu’une brève apparition
dans le milieu concerné. Mais dans d’autres cas l’espèce trouve tout ce
dont elle a besoin, et peut alors se développer au point d’éliminer tout
ou partie des espèces autochtones en profitant des ressources utilisées
par ces dernières. Ces immigrants peuvent alors modifier profondément
les équilibres qui s’étaient établis au cours des millénaires ainsi que les
modes de fonctionnement écologique des écosystèmes récepteurs.
Pullulation et invasions biologiques
Une espèce est dite envahissante lorsqu’elle colonise un écosystème
où elle n’était pas présente auparavant et qu’elle s’y installe. De
manière générale ces colonisations peuvent résulter de l’action de
l’homme ou de déplacements aléatoires ou accidentels liés à la
dynamique des populations naturelles.
On réserve souvent le terme «invasive» aux espèces exogènes qui
se mettent à proliférer. Pourtant des espèces autochtones peuvent
aussi devenir des nuisances quand elles se mettent à pulluler. C’est
le cas par exemple du grand cormoran (espèce protégée en France
par ailleurs.), des goélands, des petits rongeurs de nos campagnes,
etc.
Précédent

- 117/274

Suivant