les bacs tropicaux avec l’algue tropicale Caùlerpa taxifolia. Des
boutures sont arrivées accidentellement, avec l’eau d’évacuation
des aquariums, dans le milieuhattirel, devant le Musée vers 1984.
,
Contre toute attente, l’algue a bien résisté aux températures hiver—
'
nales. Pire : en Méditerranée, cette espèce introduite se développe
-
mieux que dans ses régions tropicales d’origine ! Sa croissance est
exponentielle, et les frondes de C. taxifolia, qui peuvent atteindre
60 cm, envahissent et remplacent déj à, par endroits, les peuple—
.
'
'
ments naturels de posidonies et de cymodocées. En l’espace de
quelques années, ces caulerpes ont envahi de larges secteurs du lit— '
_
toral, et une extension géographique rapide est à
Produisant une toxiné (caulerpényne), elle résiste également à la
»
plupart des épiphytes, compétiteurs et brouteurs, à l’exception
'
peut—être des saupes (Sarpa salpa), qui deviendraient alors
impropres à la consommation humaine ! Ce n’est pas la première La Caulerp_a taxif0lïa
fois_qu’une espèce exotique a été
.
introduite en Méditerranée.
Mais jamais une menace aussi
{,g_
?
..
__
,
,Ê__
’
'
grave a pesé sur les peuplements
; ‘
-
__,
}
indigènes, et les spécialistes sont
-
'
'
très pessimistes. On parle de
'
campagnes d’arrachage par les
'»,
plongeurs,‘ou éventuellement
l’introduction d’un ennemi
,
î
naturel. Mais comment se com—
_
’
porterait celui—ci vis—à-vis des
"
"
_
peuplements endémiques ? On
,
'
-
risquerait de jouer à l’apprenti—
sorcier.
.
.
'
Est-il déjà trop tard?
Cet ouvrage veut vous montrer que non. Mais il veut aussi vous inci—
ter à prendre conscience des problèmes, à défendre à votre tour ce
patrimoine naturel qu’est notre Méditerranée, et à prendre position
dans l’ultime combat que
livre actuellement l’humanité. Le combat
contre la nuisance humaine.
DECOUVRIR
LA
MÊDITÊRRANÊE
19
Précédent

- 19/354

Suivant