Comportement du poisson 47
sur ses gardes malgré son apparente sérénité. La moindre -
distraction, le relâchement d’un instant, pourraient lui être
-fatals. Alors, en dehors de ses crises de frénésie alimentaire,
il est prudent, défiant, soupçonneux. Sa méfiance instinc,
'
tive n’est pas une forme de trouille incontrôlable comme celle
du lièvre. Elle ne l’empêche pas d’être curieux. Circonspect
,et intrigué, il s’approcheparfois à quelques mètres d’un
-
pêcheur qui s’est ingénié à traînerune ligne immense pour
'
se mieux camoufler. Du reste, il ne sera pas ridiCule de miser
-
sur cette curiosité et d’offrir aux curieux impénitén—ts des
leurres qu’ils n’ont encore jamais vus.
,
Le poisson est lunatique. Tantôt boulimique, il se jette sur
n’importe quoi, tantôt il refuse une nourriture alléchante.
Le refus de manger n’est pas forcément le signéd’un esto-.
,
'
mac saturé. Au contraire, les poissons en proieau délire ali'
mentaire ont souvent l’estomac bour'ré’c‘ommé s’ils ne réus-,
sissaient pas à apaiser leur fringalé en dépit des quantités
.
ingérées. Personne, à ma cOnn'aissance, ne peut expliquer
…
les raisons de ce comp0rtement étrange. Le principal est de
s’en scuvenir, et de posséder un matériel assez diversifié pour
_
s’y adapter.
'
.'
;
.
."
'
.
,
.
,
A
ès”.
«
B
E!?»
.—=\—
'
.
.
:?;,_
,
ç}.
'
,
,
“a.
,
.
&…
4,9”,
_
.
1. LES PRÉDA TEURS VOIENT CLAIR
'
A : Il est attendu par
ici... B : Et il s’en va par là!
Si le poisson—papillon a comme moyen
de défense l’« ocelle » ou
faux œil qui trompe
les attaquants sur le sens de sa marche, c’est
que les prédateurs ne sent pas‘ aveugles. Et, de fait, il est payant
_
de peindre des yeux sur les leurres.
Précédent

- 43/383

Suivant