Conclusion
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mions un tout indissoluble, afin que nous les << sentions
que nous les « devinions >> comme l’on devine les réactions
'
d’un être aimé.
Progressivement, insensiblement, avec parfois le sentiment
d’être injustes, nous découvrirons, le temps aidant, parmi
ces outils, quelques compagnons favoris avec lesquels, de
'
-
gestes ratés en gestes réussis, de gestes précautionneux en
'
gestes automatiques, nous accéderons mieux qu’avec les
autres à la maîtrise qui inonde l’« œuvrier » d’indicibles
bonheurs.
_
'
'
Cette sélection est obligatoire, et elle n’est pas toujours objec—
tive. Personnellement, je n’échappe pas à cette loi et ne cher—
che du reste point à y échapper. Si j’ai essayé de décrire
honnêtement tous les outils de la traîne car il fallait les
décrire tous pour être complet, je ne les aime pas tous. Il
y en a même que je déteste comme la godille de poisson mort.
J’aime à la passion remorquer un banc de Rapala dont deux,
derrière Buldo, en revanche. je ne traîne jamais en surface
des gueulins d’encornets parce que ce mode de pêche me
barbe. Oui, la sélection est inévitable en fonction des marottes du pêcheur, de son bateau et du territoire où il pêche,
et l’on n’accède à la maîtrise que par la sélection de son
—
propre outillage.
‘
Le professionnel qualifié possède peu d’outils, mais il en tire
la quintessence. Cela est vrai de tous les métiers. Regardez
la serviette du médecin, la trousse de la couturière et la boîte
bosselée du mécanicien. A force de manier les mêmes outils,
et un petit nombre d’outils, le pêcheur acquiert des automatismes qui le conduisent en outre à une espèce de nir—
_
V8.n8. du pêcheur. Jamais il ne sera assez dit combien la répétition du geste est source de bonheur.
Si vous me pardonnez de citer mon cas personnel, je vous
_
dirai que chaque séance de pêche est pour
moi un enchaî—
nement
quasi extatique de gestes répétés dont le plus
modeste, le plus subalterne, le plus inconscient m’enchante
parce qu’il est devenu un chef—d’œuvre d’efficacité tant de
fois il a été recommencé. Et corrigé.
La mise à l’eau de l’annexe? Elle est réglée comme une partition apprise par cœur : quelques
mouvements épurés
et
effectués dans un ordre immuable. .l ’ai même creuse une
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mions un tout indissoluble, afin que nous les << sentions
que nous les « devinions >> comme l’on devine les réactions
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d’un être aimé.
Progressivement, insensiblement, avec parfois le sentiment
d’être injustes, nous découvrirons, le temps aidant, parmi
ces outils, quelques compagnons favoris avec lesquels, de
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gestes ratés en gestes réussis, de gestes précautionneux en
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gestes automatiques, nous accéderons mieux qu’avec les
autres à la maîtrise qui inonde l’« œuvrier » d’indicibles
bonheurs.
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Cette sélection est obligatoire, et elle n’est pas toujours objec—
tive. Personnellement, je n’échappe pas à cette loi et ne cher—
che du reste point à y échapper. Si j’ai essayé de décrire
honnêtement tous les outils de la traîne car il fallait les
décrire tous pour être complet, je ne les aime pas tous. Il
y en a même que je déteste comme la godille de poisson mort.
J’aime à la passion remorquer un banc de Rapala dont deux,
derrière Buldo, en revanche. je ne traîne jamais en surface
des gueulins d’encornets parce que ce mode de pêche me
barbe. Oui, la sélection est inévitable en fonction des marottes du pêcheur, de son bateau et du territoire où il pêche,
et l’on n’accède à la maîtrise que par la sélection de son
—
propre outillage.
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Le professionnel qualifié possède peu d’outils, mais il en tire
la quintessence. Cela est vrai de tous les métiers. Regardez
la serviette du médecin, la trousse de la couturière et la boîte
bosselée du mécanicien. A force de manier les mêmes outils,
et un petit nombre d’outils, le pêcheur acquiert des automatismes qui le conduisent en outre à une espèce de nir—
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V8.n8. du pêcheur. Jamais il ne sera assez dit combien la répétition du geste est source de bonheur.
Si vous me pardonnez de citer mon cas personnel, je vous
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dirai que chaque séance de pêche est pour
moi un enchaî—
nement
quasi extatique de gestes répétés dont le plus
modeste, le plus subalterne, le plus inconscient m’enchante
parce qu’il est devenu un chef—d’œuvre d’efficacité tant de
fois il a été recommencé. Et corrigé.
La mise à l’eau de l’annexe? Elle est réglée comme une partition apprise par cœur : quelques
mouvements épurés
et
effectués dans un ordre immuable. .l ’ai même creuse une
