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Ûutils adaptés au comportement du poisson 243
Ainsi que cela sera étudié dans le deuxième volume, la mer
est un champ clos où s’affrontent les espèces. Elles forment
une chaîne dont chaque maillon est appelé à manger le maillon précédent et à être mangé par le maillon suivant.
—
A observer le rapport de forces entre-ceux qui mangent et
ceux qui sont mangés, on se dit que le combat est inégal
et que le poisson chassé n’a aucune chance de survivre. Ûr
le duel du chétif contre la brute n’est pas joué d’avance,
car le Créateur, dans Sa sagesse infinie, a bien fait les cho—
'
ses. il a doté les faiblards d’un instinct de conservation qui
leur suggère des parades sidéranteS contre la force des adversaires : le Camouflage caméléonesque, la cachette dans les
anfractuosités impénétrables, la formation en bancs, la fuite.
Les deux dernières intéressent au plus haut point le traî—
neur de surface.
Quand il est attaqué, le faible comprend que, seul, il est
perdu., Alors il se groupe en bancs, comme les navires mena-'
-
tion offerte par les bancs est inimaginable. J’ai vu des meutes de bars foncer dans un banc d’éperlaris' et s’en éloigner
penauds comme s’ils avaient buté sur un mur invisible.
} ’en ai vu d’autres se jeter comme des torpilles- dans un
conglomérat de godaille et se retrouver soudain, “seuls, bre—
douilles et décontenancés : le banc avait effectué une magis—
trale esquive, en bloc, en un centième de seconde, avec un
ensemble parfait, comme s’il avait obéi aux injonctions hurlées par un meneur invisible. Stupéfiantl Du reste, si mes
souvenirs de lecture sont exacts, Konrad Lorenz affirme que
certains bancs affectent la forme d’un gigantesque épouvan—
_
tail qui incite les chasseurs à une saine réserve.
L’efficacité du banc en tant que moyen de défense du poisson chassé explique pourquoi les poissons chasseurs attaquent surtout à la périphérie et s’en prennent
de préférence,
_
comme les sous-marins attaquant les convois, aux serre—files,
aux isolés, aux lambins, aux blessés, aux retardataires qui
ne bénéficient plus de la protection du groupe.
Alors que font les isolés surpris par l’attaque? Ils cherchent
leur salut dans la fuite, une fuite éperdue vers la ”surface
parce qu’ils nagent plus vite en montant qu’en plongeant.
Arrivés en surface, ils se livrent à d’acrobatiques crochets
Ûutils adaptés au comportement du poisson 243
Ainsi que cela sera étudié dans le deuxième volume, la mer
est un champ clos où s’affrontent les espèces. Elles forment
une chaîne dont chaque maillon est appelé à manger le maillon précédent et à être mangé par le maillon suivant.
—
A observer le rapport de forces entre-ceux qui mangent et
ceux qui sont mangés, on se dit que le combat est inégal
et que le poisson chassé n’a aucune chance de survivre. Ûr
le duel du chétif contre la brute n’est pas joué d’avance,
car le Créateur, dans Sa sagesse infinie, a bien fait les cho—
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ses. il a doté les faiblards d’un instinct de conservation qui
leur suggère des parades sidéranteS contre la force des adversaires : le Camouflage caméléonesque, la cachette dans les
anfractuosités impénétrables, la formation en bancs, la fuite.
Les deux dernières intéressent au plus haut point le traî—
neur de surface.
Quand il est attaqué, le faible comprend que, seul, il est
perdu., Alors il se groupe en bancs, comme les navires mena-'
-
tion offerte par les bancs est inimaginable. J’ai vu des meutes de bars foncer dans un banc d’éperlaris' et s’en éloigner
penauds comme s’ils avaient buté sur un mur invisible.
} ’en ai vu d’autres se jeter comme des torpilles- dans un
conglomérat de godaille et se retrouver soudain, “seuls, bre—
douilles et décontenancés : le banc avait effectué une magis—
trale esquive, en bloc, en un centième de seconde, avec un
ensemble parfait, comme s’il avait obéi aux injonctions hurlées par un meneur invisible. Stupéfiantl Du reste, si mes
souvenirs de lecture sont exacts, Konrad Lorenz affirme que
certains bancs affectent la forme d’un gigantesque épouvan—
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tail qui incite les chasseurs à une saine réserve.
L’efficacité du banc en tant que moyen de défense du poisson chassé explique pourquoi les poissons chasseurs attaquent surtout à la périphérie et s’en prennent
de préférence,
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comme les sous-marins attaquant les convois, aux serre—files,
aux isolés, aux lambins, aux blessés, aux retardataires qui
ne bénéficient plus de la protection du groupe.
Alors que font les isolés surpris par l’attaque? Ils cherchent
leur salut dans la fuite, une fuite éperdue vers la ”surface
parce qu’ils nagent plus vite en montant qu’en plongeant.
Arrivés en surface, ils se livrent à d’acrobatiques crochets
