Traînes de grande profondeur avec un treuil 237
pêche au treuil. Elle existe. ,} e devais en parler. J’en ai parlé.
:
Mais je la déteste. C’est un bagne… Une géhenne. Je n’en
garde qu’un bon souvenir. Comment résister au plaisir de
le raconter?
_
'
-
Nous étions partis, de bon matin, l’ami Massol et moi, esSayer‘
’
son engin de malheur au vent de Belle-ile. Au b0ut d’une
heure, à mouliner ce foutu machin, nous avions perdu un
nombre appréciable de kilos. Nous transpirions comme des
.
bêtes de iabour° Nous jurions comme des damnéS. Moulus,
recrus de fatigue, épuisés, furieux, échevelés, exaspérés —
et bredouilles —, nous avons décidé de rentrer.
Arrivés à terre, nous nous sommes précipités dans un bistrot de notre connaissance où nous avons fait un déjeuner
magnifique, insouciants des kilos que nous récupérions. Puis
nous sommes rentrés vers le golfe du Morbihan, chacun dans
notre bateau, naviguant de conserve.
Sur le chemin, nous avons rattrapé un bateau qui s’appe.
Révolution;Sur*éé yacht de millionnaire 'se prélassaient
plein de nanas à poil. Les équipiers étaient déguisés.
taient pantalons rayés etbonnet phrygiens.
-
»
_
…
'
À,—l-agÿue de ce bateau insolent par
et
%
dé 5011 équipage, provocant à cause- de son nom 'carle mot
'
Îj?
,
,
de Révolution est
dans nos pays 'del’0uest qui
,
‘
s’illustrèrent dans un Combat héroïque centre les terr0ris‘- ,
_
,
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1
tes révolutionnaires, nous avons piqué un coup de sang.
,
,
-
'
'
_
Nous, les vieux grognards, stirulés par le treuillageet un
’
'
‘
repas pantagruélique, rigolards, vengeurs,
…
Î
bles bateaux de ploucs, nous avons longé, chacund’un bord,
.
,
le palace flottant. Massol à tribord, sur Son ]ambe—d’Argent
_
(tel était le sobriquet d’un héros de lachouannerie),
votre
serviteur à bâbord, sur sa Fille—de-Brisants, nous leur'avons
'
i
balancé une bordée d’injures impubliables. Alors vive quand
même la pêche au treuil qui nous a donné si piquant
souvenir.
“.
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