'
Traîne lourde à lamain dite caille
remontant ou traversant La traîne dansun fort courant portant est donc formellement déconseilléé.
.
‘
Dans un courant portant inférieur à un nœud, le risque
mérite parfois d’être couru. ll n’implique pas de précautions
particulières, autres que celle de sortir une abondante réserve
du plioir.
Ëout au courant?
‘
Le remède existe et il est suprêmement astucieux. Le
pêcheur-barreur biaise avec le cOurant. Au lieu de l’attaquer
de front, il l’épaule. il le prend de côté. Cette manœuvre
'
authentiquement marine —— et maligne — transforme un
inconvénient sérieux en avantage précieux.
Contrairement à l’impression ressentie, la vitesse d’un bateau
'
<< bourrant >> dans le courant reste constante par rapport à
l’eau. Le fait que la masse d’eau se déplace ne change rien
à la vitesse du bateau porté sur cette masse. En revanche,
le courant, sa force et sa direction, modifient le cap et la
vitesse du bateau par rapport au fond.
-
Soit un bateau marchant à un nœud dans un courant d’un
nœud (voir illustration 43). Supposons d’abord que le bateau
suit un cap rigoureusement inverse au sens du courant. La
vitesse du bateau est annulée par celle du courant. ll demeure
stationnaire par rapport au fond. Supposons maintenant que
le barreur laisse porter dans le courant. Le bateau continue
à marcher à un nœud par rapport à l’eau. Par contre, il n’est
plus stationnaire par rapport au fond. Il se met en marche.
il avance en crabe, mais il avance.
Plus le pêcheur-barreur laisse porter dans le courant, plus
le bateau avance vite par rapport au fond et plus sa route
'
est traversière. Plus le pêcheur—harreur « lofe >> dans le courant, c’est-à-dire plus il remonte vers l’axe du courant, plus
le bateau ralentit et plus sa route est pointue.
Cette observation est capitale. Elle permet de saisir quel
parti fantastique le pêcheur—barreur peut tirer du courant
au lieu de le craindre ou d’en subir passivement les incon—
vénients. Elle permet de comprendre comment en jouant avec
‘
le courant, le pêcheur-barreur multiplie les avantages, aussi
bien pour la route suivie que pour l’animation du leurre.
En marchant à vitesse égale, donc en gardant aisément le
Précédent

- 149/383

Suivant