Le guide du littoral
.
Une aulnaie dans le delta du Fango
Depuis l‘aire de stationnement de Galéria,
Une curiosité enfin : un papillon très rare
le chemin vers l‘embouchure du Fango pas—
en Corse, le petit monarque Danaus chry—
se devant la tour et le magasin génois, qui
sippus, observé pour la première fois dans
est un lieu d ‘exposition.
l ‘ile en 1983, a été noté & plusieurs reprises
Le delta du Fango, d‘un grand intérêt bio”f‘ Migrateur, provenant probablement
logique, mérite une attention particulière.
dAique
du Nord,
ce papillon possede des
Un bois d‘aulnes —— le plus important de
ailes de
et un corps
nozr
Corse — occupe le cœur de l ‘embouchure. «
mouchete
de P0” blancs. 0” peut ] observer
Le sol est humide ou marécageux et la lu—
a proximite des cottone
ou gamp hoc_arpe,
mière ne ltre qu‘à grand—peine au travers
plante
de la famille du coton et originaire
des feuillages. De grandes fougères, les os—
dAfrzque.
est connue
en
depuis
mondes royales, dressent dans la pénombre
le debut du siecle dernier
et est aujourdhui
leurs frondres ouvragées, tandis que les
abondante
sur les
lits de galets de
l embou—
lianes noueuses des clématites partent à
chure. L1mpressionnante chenille
du petit
l‘assaut de la lumière vitale… Les cris
monarque se nom… des feuilles du cottone,
rauques et persistants des geais et les longs
raison pour laquelle ces deux « africains »
ailles cristallins des mésanges bleues évo—
se rencontrent
ensemble dans quelques rares
quent les froides forêts européennes.
localztes delzle.
_
Pourtant, lorsque par hasard notre regard
Michel Delaugère.
surpris reconnait dans la liane la feuille
d‘une vigne, ou qu ‘un laurier soudain sur—
git parmi les aulnes, on se prend à penser
que, peut—être, après tout, la Méditerranée
’
n 'est pas si loin de nous », écrivent les au—
teurs du rapport d‘étude sur le Fango.
:
Après s‘être infiltré dans le sous—sol bien en
.
amont du pont, l'eau du Fango réapparait
à
’
‘
quelques centaines de mètres avant l‘em_
bouchure. Ses plans d‘eau calmes contras—
.
tent avec une mer souvent agitée dans le
,—
'
f
‘
golfe de Galéria. Ils abritent une ore par—
_
fois spectaculaire : nénuphars blancs,
aulnes et saules des rives, et sont fréquentés
'
' f'
,
,
.
-
par une faune bien diversifiée : oiseaux
"5
d'eau, martinets, balbuzards, chauves—sou—
,
y
ris, couleuvres et grenouilles... La nuit, les
î
,
"
minuscules reinettes lancent leurs chants
;‘.J‘Ï".l
,…
assourdissants, tandis que les chauves—sou—
-
ris chassent sans relâche les insectes vole—
—'
*
,
tant au—dessus des eaux. Le jour, les
_/;tortues cistudes alternent les chasses dans
«
,."
l‘eau fraiche et les bains de soleil sur les
rives.
Fleur de « cottone »
(delta du Fango).
Le golfe de Porto
clichés dont on ne se lasse pas, tant
Le golfe de Porto, avec ses falaises
spectacle
GSt grandiose
: la
de granit rose plongeant dans la
tion physrque
de vertige,
que
on
_
_
_
_
ressent parfors depws la route sur—
mer, fait partie de ces clichés tounsplombant la mer, presque à la verti—
tiques de la Corse. Mais il est des
cale, se double d'un autre vertige,
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