Le guide du littoral
___—___—
Æes oliviers en Œorse :
prospérité et décadence
Les oliviers forment une constante des pay—
ne d ‘amende, et toute taille d ‘oliviers est
sages corses. On les rencontre dans la plupunie. C‘est alors que l ‘olive (et l‘huile
part des terrains littoraux, émergeant du
d‘olive surtout) prend la seconde place dans
maquis, souvent protégés par des buissons
les produits d‘exportation corse. Au XVIIIe
d‘épineux. Les incendies n‘en viennent pas
siècle, la France reprend et poursuit cette
& bout : on observe en eet, dès l‘année sui—
politique. […] Les encouragements & la
vant un feu de maquis, des rejets pousser.
production se font sous forme de primes
De telle sorte que les oliviers, jadis greés et
[_ __ ] qui seront toujours accordées au XIXe
bichonnés, reviennent à leur état sauvage.
sièdg_ [___] De plus, des techniciens fran—
Gérard Richez et Nadine Richez—Battesti
gais sont détachés dans l‘île afin d'amélorésumaient ainsi en 1983 l‘histoire des oli—
roer la formation des agriculteurs ainsi que
viers en Corse : « Bien qu‘on puisse penser
les techniques appliquées. Les résultats sont
[que l‘olivier] ait été implanté en Corse
probants, la production d'olives s‘accroît
avant l ‘ère chrétienne
et vraisemblable—
fortement. Mais les techniques de transfor—
ment introduit en même temps que la vigne
mation ne s‘améliorent pas au même ryth—
par les Grecs dans l‘Antiquité, il faudra at—
nie, et il n‘y a pas création d‘huileries
tendre le XIXe siècle POW qu‘il atteigne
modernes d‘où un décalage qui ne sera pas
dans l‘ile son extension maximum. Sa ré—
étranger au déclin progressif de l‘oléicultu—
gression, par contre, sera forte et rapide au
re. »
XXe
Ӄde [' "] Des
le
lî‘
p olz—
La concurrence des huiles venues d‘Afrique
tique agratre de Genes s‘etait ortentee vers
.
.
.
.
.
,
du nord, l‘absence d‘industries des transfor—
l octroz de pnmes pour developper la pro—
.
.
,
.
.
duction d‘olives dont elle avait besoin. Aux
mations
en Corse,
penune de main—
XVIIe et XVIIIe siècles, toute une sévère
d œuvre pour
recolte seront
les prznctlégislation est mise progressivement au
pales causes de l abandon des ohverates.
point pour augmenter la production. Des
(D‘après & Richez et N Richez—Battesti,
aides à la gree d‘oléastres sont, certes, dis« Quelques aspects de la production et de la
tribuées aux propriétaires pour accroître les
commercialisation de l'huile d'olive en
surfaces cultivées ,mais, de toutes façons,
Corse », in L‘Huile d'olive en Méditer—
ceux-ci sont contraintsde planter annuelle—
ranée, université d‘Aix—Marseille, 1983ment un certain nombre d‘oliviers sous pei—
1985.)
Cette désertification du littoral cor—
ont pu être préservés pour des rai—
56, quU'à une date récente, a per—
sons étrangères à l'écologie, mais
mis,
d‘une certaine façon, qu‘il 50ÎÎ
devant tout aux malheurs des temps
,
épargné par une urbanisation ordi—
——
ravages corsaires, paludisme, cri—
narre. Et cela,
d'autant plus que des
se économique…
zones entières, à la fin du XIXe
'
siècle et au début du XXe, ont été
Le double aspect du liü0ral
abandonnées par les cultivateurs,
,
.
dont les productions étaient concur—
La géologie de la Corse, cette
rencées par celles du continent. Ces
«
montagne dans la mer » est relati—
terres sont alors devenues le domai—
vement Simple. On distingue habine des éleveurs et du maquis. C'est
tuellement deux ensembles
la
ainsi que d'immenses espaces,
Corse cristalline d'une part, englo—
comme on en découvrira dans les
bant à l'ouest, d'une ligne allant de
Agriate, entre Saint—Florent et
l'Ostriconi à l'embouchure dU
Palasca, ou bien dans la région de
Fium'Orbo, l'essentiel des grands
Belvédère—Campomoro et de Sartène
massifs montagneux ; la Corse
280
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Æes oliviers en Œorse :
prospérité et décadence
Les oliviers forment une constante des pay—
ne d ‘amende, et toute taille d ‘oliviers est
sages corses. On les rencontre dans la plupunie. C‘est alors que l ‘olive (et l‘huile
part des terrains littoraux, émergeant du
d‘olive surtout) prend la seconde place dans
maquis, souvent protégés par des buissons
les produits d‘exportation corse. Au XVIIIe
d‘épineux. Les incendies n‘en viennent pas
siècle, la France reprend et poursuit cette
& bout : on observe en eet, dès l‘année sui—
politique. […] Les encouragements & la
vant un feu de maquis, des rejets pousser.
production se font sous forme de primes
De telle sorte que les oliviers, jadis greés et
[_ __ ] qui seront toujours accordées au XIXe
bichonnés, reviennent à leur état sauvage.
sièdg_ [___] De plus, des techniciens fran—
Gérard Richez et Nadine Richez—Battesti
gais sont détachés dans l‘île afin d'amélorésumaient ainsi en 1983 l‘histoire des oli—
roer la formation des agriculteurs ainsi que
viers en Corse : « Bien qu‘on puisse penser
les techniques appliquées. Les résultats sont
[que l‘olivier] ait été implanté en Corse
probants, la production d'olives s‘accroît
avant l ‘ère chrétienne
et vraisemblable—
fortement. Mais les techniques de transfor—
ment introduit en même temps que la vigne
mation ne s‘améliorent pas au même ryth—
par les Grecs dans l‘Antiquité, il faudra at—
nie, et il n‘y a pas création d‘huileries
tendre le XIXe siècle POW qu‘il atteigne
modernes d‘où un décalage qui ne sera pas
dans l‘ile son extension maximum. Sa ré—
étranger au déclin progressif de l‘oléicultu—
gression, par contre, sera forte et rapide au
re. »
XXe
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le
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p olz—
La concurrence des huiles venues d‘Afrique
tique agratre de Genes s‘etait ortentee vers
.
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.
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.
,
du nord, l‘absence d‘industries des transfor—
l octroz de pnmes pour developper la pro—
.
.
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duction d‘olives dont elle avait besoin. Aux
mations
en Corse,
penune de main—
XVIIe et XVIIIe siècles, toute une sévère
d œuvre pour
recolte seront
les prznctlégislation est mise progressivement au
pales causes de l abandon des ohverates.
point pour augmenter la production. Des
(D‘après & Richez et N Richez—Battesti,
aides à la gree d‘oléastres sont, certes, dis« Quelques aspects de la production et de la
tribuées aux propriétaires pour accroître les
commercialisation de l'huile d'olive en
surfaces cultivées ,mais, de toutes façons,
Corse », in L‘Huile d'olive en Méditer—
ceux-ci sont contraintsde planter annuelle—
ranée, université d‘Aix—Marseille, 1983ment un certain nombre d‘oliviers sous pei—
1985.)
Cette désertification du littoral cor—
ont pu être préservés pour des rai—
56, quU'à une date récente, a per—
sons étrangères à l'écologie, mais
mis,
d‘une certaine façon, qu‘il 50ÎÎ
devant tout aux malheurs des temps
,
épargné par une urbanisation ordi—
——
ravages corsaires, paludisme, cri—
narre. Et cela,
d'autant plus que des
se économique…
zones entières, à la fin du XIXe
'
siècle et au début du XXe, ont été
Le double aspect du liü0ral
abandonnées par les cultivateurs,
,
.
dont les productions étaient concur—
La géologie de la Corse, cette
rencées par celles du continent. Ces
«
montagne dans la mer » est relati—
terres sont alors devenues le domai—
vement Simple. On distingue habine des éleveurs et du maquis. C'est
tuellement deux ensembles
la
ainsi que d'immenses espaces,
Corse cristalline d'une part, englo—
comme on en découvrira dans les
bant à l'ouest, d'une ligne allant de
Agriate, entre Saint—Florent et
l'Ostriconi à l'embouchure dU
Palasca, ou bien dans la région de
Fium'Orbo, l'essentiel des grands
Belvédère—Campomoro et de Sartène
massifs montagneux ; la Corse
280
