Le guide du littoral
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lle de beauté >>, « île d'amour », «
tourisme soit « étalé » toute l'an—
montagne dans la mer »... Tous les '
née… Mais la régulation des flux
clichés ont été utilisés pour vanter
touristiques ne se décrète pas !" Et
les charmes de
que les an—
quels que soient les aménagements
ciens Grecs appelaient Kyrnos, et
et incitations futurs, il importe
dont ils assuraient qu'elle était la
d‘abord de préserver un ensemble
plus belle des îles de la Méditerra—
d'espaces naturels. En ce domaine,
née. Aujourd'hui, l'un des atouts
la politique d'acquisition et de ges—
—
majeurs de l'économie corse est le
tion de terrains par le Conservatoire
tourisme. Si la population résidente
du littoral, avec le concours actif
de l'île est d'environ 250 000 per—
des institutions départementales et
sonnes, on dépasse le Cap des
régionales et celui des municipali—
600 000 personnes au plus fort de
tés, prend des aspects originaux, car
la saison estivale ! C'est dire quelle
elle S'inscrit dans une per5pective
pression s'exerce Sur tous les es—
historique et SOCÎOl08ÎQUG propre
paces naturels, à commencer par le
la COFS€, conforme à ses traditions
_
littoral. Il aurait été facile d'aug—
séculaires.
'
menter la capacité d'accueil de l'île
en développant des campings, en
construisant des hôtels, des villages
'
de vacances plus nombreux, en l0—
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'
tissant plus encore
les zones litt0—
d‘une hlSÎOlF€
rales ; mais c‘est Justement ce dont
les Corses ne veulent pas. Le spec—
du litt0ral corse
tacle du bétonnage effectué aux
Baléares, sur la Costa Brava, sur la
Une terre disputée
Côte d'Azur et sur la Riviera italien—
Occupée successivement par les
ne sont dans tous les esprits et agis—
Torréens, les Grecs — plus exacte—
sent comme des repoussoirs ; et, de
ment les Phocéens —, les Romains,
surcroît, les Corses entendent
les Lombards, les Arabes, la Corse
conserver leur identité, l'originalité
devient au lXe siècle un « territoire
de leur société, qui passent obliga—
pontifical et un protectorat franc ».
toirement par la protection des sites
PUÏS vient le temps des cités mariet des paysages. Ceux—ci constituent
times italiennes : au Xll€ siècle, la
attrait majeur pour les
Corse est disputée entre l'influence
touristes : ce n'est pas un hasard si,
de Pise et celle de Gênes, s'exer—
depuis quelques années, on assiste
cant par l'intermédiaire d'évêques
à une véritable ruée d'ltaliens vers
et de seigneureries. Après la défaite
la Corse en été ; ils désertent une
de la flotte pisane face à celle de
côte dénaturée par un urbanisme
Gênes le 6 août l_284'
à la Melona,
forcené et trouvent en Corse, en
au sud—ouest de Livourne, l'emprise
même temps que des affinités cultu—
accrort
en .1299’ l°i_se
rerelles, des sites et des paysages évo—
nonce a tO_US
les drorts anterreure—
quant leur paradis perdu sur la côte
la Corse au prot
de la péninsule.
de
Genes. L ile est alors
diVisee en
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efs, dont les propriétaires vont se .
Certes,
la pressron ÎOUFISUqU€ en in—
combattre sans relâche : « Les sei—
qurète plus d‘un, à la fOÏ5 pour 50”
gneurs turbulents, sournois, ambi—
caractère limité à deux mois par an
tieux, toujours en état de guerre, de
avec une pointe spectaculaire dans
trahison et de pariure les uns à
la première quinzaine d'août, et
l'égard des autres, se rallient à l‘une
pour les conséquences supportées
ou
l'autre des puissances exté—
par l‘environnement. Aussi des voix
rieures qui convoitent la Corse,
se font—elles entendre pour que le
pour peu qu'elles consentent à les
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