Le guide du littoral
que l'on connaît ; la côte Atlantique
drement d'un pan de falaise est
a vu fondre ses espaces naturels au—
d'environ trente ans, alors que le
tour de Saint—Brévin—les—Pins, des
délai est de l'ordre d'un siècle dans
Sables—d‘Olonne, tandis que la ré—
la région d'Etretat, où le calcaire est
gion située entre Saint-Georges—de—
plus résistant. Face à Arcachon, les
Didonne et Saint-Palais—sur—Mer, en @apports de sable dus aux vents et
passant par Royan, est urbanisée à
aux courants marins ont fait « avan—
l'exception de rares coupures ; dans
cer »
le Cap—Ferret de près de cinq
le département dU Var, le nombre
kilomètres en un siècle et demi. Ici
de résidences secondaires est passé
et là/ ces phénomènes naturels sont
de 24 000 à 135 000 de 1962 à
accentués par l'action des hommes ;
1990, presque toutes situées dans la
de tout temps, agriculteurs et
bande côtière ; et le littoral des
veurs ont été tentés de « gagner »
Alpes—Maritimes ne comporte pas
des terres sur la mer : marais salants,
plus de deux cents hectares d'es—
prés salés et polders en témoignent;
paces naturels protégés...
ailleurs, la construction d'une digue,
Urbanisation, pollution, surfréquen— 3 d‘un mâle ou d'un port peuvent
tation constituent autant de me—
provoquer des modifications inat—
naces sur un
littoral éminemment
tendues du trait de côte alentour, en
fragile. Celui—ci forme un capital
raiËon d'une perturbation artificielle
paysager, écologique et culturel
du régime habituel des courants ma—
dont les générations actuelles sont
rins et du flot des estuaires.
comptables devant celles à venir.
|| est aussi un phénomène moins ap—
parent, mais inexorable : la variaUn littoral mouvant
tion du niveau de la mer au cours
Le « trait de côte », figurant la limite
des siècles et des millénaires _
entre la mer et la terre, ne saurait
pour en f€5Îef à une échelle modesêtre qu'une convention cartogra—
te par rapport aux temps 8é0l0"
phique. A certains endroits, l‘effet
giques. Depuis un SlèCl€ et demi, la
conjugué des marées, des tempêtes,
remontée du niveau des eaux est esl'incessant battement des vagues, les
timée à 15 cm, ce qui accentue les
g
pluies et les ruissellements contrieffets de sédimentation des baies et
buent à faire reculer la côte, de fa—
estuaires, comme par exemple la
con plus ou moins importante
baie du Mont—Saint—Michel, qui s'est
suivant la nature géologique des ter—
ainsi réduite de 30 à 50 hectares,
rains. Ailleurs, au contraire, cette
laissant prévoir qu'un jour le Cé“
même érosion, productrice de dé—
lèbre mont sera rattaché au conti—
bris, déchets et sédiments, ainsi que
nent.
les apports alluvionnaires des
Sur une période de 2 000 ans, le ni.
fleuves et rivières, s'ajoutant à l'ac—
veau de la mer aurait ainsi augmenj
tion des vents et des courants ma—
té d‘une douzaine de mètres : au
rins, « engraissent » des côtes,
XIIIe siècle, saint Louis fondait le
_
comblent des baies et des estuaires,
port d'Aigues—Mortes, d'où il devait
ou font « avancer » des massifs du—
s‘embarquer pour les croisades en
i
maires. Dans un cas comme dans
1248 et 1270 ; la ville est aujour—
7
l'autre, les modifications peuvent
d'hui située bien à l'intérieur des
être considérables : les falaises
terres. A l‘époque romaine, Niort et
crayeuses du Nord—Pas—de—Calais et
Narbonne étaient des ports de mer.
de Normandie sont inexorablement
Remontant plus loin dans la mémoi— Î :
rongées parla mer et minées par les
re de l'humanité, on sait que les
eaux d'infiltration ; dans le Pays de
eaux ont monté d'environ 120 mè—
î
Caux, où le calcaire est relativement
tres entre 15 000 et 8 000 avant
tendre, le cycle complet de l'effon—
notre ère, pour baisser de 8 000 à
18
Précédent

- 15/333

Suivant