INTRODUCTION
A
LA
GÉNÉTIQUE
43
C’est la condition normale, dans quelques espèces, que les indi—
vidus
certain sexe commencent par présenter certains caractères
de l’autre. Dans une certaine race de Grenouille rousse, dite race
indifférenciée, tous les têtards destinés à devenir mâles passent par
un
stade féminin; des ovules typiques apparaissent dans le cortex
de leurs gonades, qui dégénèrent ensuite. De même, les larves mâles
de ]Wiasior commencent par être femelles, et forment des œufs; les
larves mâles des Perles sont d’abord bermaphrodites.
Même quand les rapports des gènes sexuels sont parfaitement
normaux, le sexe n’est pas déterminé dans l’oeuf fécondé d’une manière
si irrévocable qu’on ne puisse quelquefois, en agissant sur l’organisme
avant la différenciation des gonades, les amener à une différenciation
contraire à celle où les destinait la formule génique. Cela ne veut pas
dire, certes, comme on l’a cru longtemps, que l’individu soit
sexuellement indécis, indifférent, et que les circonstances externes
décident de son orientation sexuelle.
ll possède bien, dès l’œuf
fécondé, et de par la nature de ses gènes, un sexe potentiel, prospectif;
mais certains traitements expérimentaux peuvent, en modifiant la pré—
cellence des gènes, retourner la situation.
Chez certains végétaux dioïques, on peut, par des modications
d’éclairement ou dÎiumidité, faire apparaitre des eurs à étamines
sur
des pieds femelles, des fleurs à pistils sur des pieds mâles.
Chez certaine Rainette, des têtards soumis à une température
élevée deviennent tous mâles.
On admet, du moins chez les Batraciens, que la glande génitale
est partagée en deux territoires bien distincts : l’un à différenciation
mâle (la moelle), l’autre à différenciation femelle (le cortex). La
première région qui se différencie inhibe en général le développement
de la seconde. Chez la femelle prospective, c°est le cortex qui se
différencie en premier lieu; chez le mâle prospectif,
la moelle.
Sans doute, chez la Rainette, la chaleur retarde—t-élle le dévelopn
A
LA
GÉNÉTIQUE
43
C’est la condition normale, dans quelques espèces, que les indi—
vidus
certain sexe commencent par présenter certains caractères
de l’autre. Dans une certaine race de Grenouille rousse, dite race
indifférenciée, tous les têtards destinés à devenir mâles passent par
un
stade féminin; des ovules typiques apparaissent dans le cortex
de leurs gonades, qui dégénèrent ensuite. De même, les larves mâles
de ]Wiasior commencent par être femelles, et forment des œufs; les
larves mâles des Perles sont d’abord bermaphrodites.
Même quand les rapports des gènes sexuels sont parfaitement
normaux, le sexe n’est pas déterminé dans l’oeuf fécondé d’une manière
si irrévocable qu’on ne puisse quelquefois, en agissant sur l’organisme
avant la différenciation des gonades, les amener à une différenciation
contraire à celle où les destinait la formule génique. Cela ne veut pas
dire, certes, comme on l’a cru longtemps, que l’individu soit
sexuellement indécis, indifférent, et que les circonstances externes
décident de son orientation sexuelle.
ll possède bien, dès l’œuf
fécondé, et de par la nature de ses gènes, un sexe potentiel, prospectif;
mais certains traitements expérimentaux peuvent, en modifiant la pré—
cellence des gènes, retourner la situation.
Chez certains végétaux dioïques, on peut, par des modications
d’éclairement ou dÎiumidité, faire apparaitre des eurs à étamines
sur
des pieds femelles, des fleurs à pistils sur des pieds mâles.
Chez certaine Rainette, des têtards soumis à une température
élevée deviennent tous mâles.
On admet, du moins chez les Batraciens, que la glande génitale
est partagée en deux territoires bien distincts : l’un à différenciation
mâle (la moelle), l’autre à différenciation femelle (le cortex). La
première région qui se différencie inhibe en général le développement
de la seconde. Chez la femelle prospective, c°est le cortex qui se
différencie en premier lieu; chez le mâle prospectif,
la moelle.
Sans doute, chez la Rainette, la chaleur retarde—t-élle le dévelopn
