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INTRODUCTION A LA GÉNÉTIQUE
l’espèce, ils souhaiteraient que le remplacement des générations s’y
effectuât de la manière la plus fav0rable à son évolution physique
et surtout morale. Or, cette évolution, ils la voient actuellement com—
promise par un grave péril qu’ils ne selassent point de dénoncer :_
c’est que, d’une façon générale, les représentants de l’élite intellec—trielle font sensiblement moins d’enfants que ceux des classes manuelles.
D’où une sélection ,à rebours, lente mais sûre, et dont les conséquenCes
seront bientôt irréparables si l’on n’y fait point obstacle.
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En Allemagne (1912), la moyenne du nombre des enfants, par
couple, est de 5,2 pour les groupes de laboureurs, contre 2 pour les
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groupes professionnels. AuX‘ Etats—Unis, elle est de 3,9 pour les tra—
vailleurs manuels, de 2,2 pour les intellectuels; en Californie, elle est
de 4,1 7 pour les illettrés, de 3,88 pour les sujets instruits, de 3,1 pour
les très instruits. En Amérique du-Nord, 60 % des femmes ayant des
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titres universitaires ne se marient point, et 26 % _de celles qui se
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marient n’ont pas d’enfants. La France fournirait des chiffres ana—
logues. Partout, la culture stérilise. Il y a un suicide chroniqùe de
la classe des intellectuels, qui, pour perdre trop peu la tête, perdent
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,
la race, comme dit Paul Valéry.
,
_
,
Assurément la question est complexe, et, dès lors que l’inégalité
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des conditions fausse le libre jeu dela concurrence, ou peut _chicaner
le degré de la corrélation entre…le rang intellectuel et la qualité des
gènes. Néanmoins, pour lâché qu’elle
cette corrélation existe,
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et elle doit aller s’accentuant à mesure que << la démocratie univer—
saliseet libère la concurrence
(Bouglé). Le péril n’est donc pas
illusoire. Dans la grande partie occulte qui se joue entre les gènes
humains, ce’sont bien, en ”gros, les moins bons qui gagnent sur les
puisque la fécondité différentielle les favorise. La moyenne
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chromosomique, peu 'à peu, s’avilit, et<< Chaque génération, automa—
tiquement, naît plus stupide que sa devancière
(B. Russell).
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