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EVOLUTION DES MARGES STABLES
La subsidence thermique de la marge, a ce stade ultime de son évolution, est
considérablement ralentie :
—
Le plateau continental, dont le soubassement ne s’affaisse presque plus,
est désormais soumis aux effets des transgressions et des régressions d’origine
eustatique (alternance de périodes d’érosion à l’air libre et de sédimentation
marine), imposées soit par les changements climatiques de la n du Cénozoïque
(grandes glaciations), soit par des variations dans le taux d’expansion océanique
(une accrétion rapide, à l’axe des dorsales, donne naissance à une large
intumescence des fonds océaniques et à un débordement de la mer sur les rebords
continentaux; cf. 4, p. 35). L’importance de la progradation dépend alors du
volume des apports sédimentaires (cf. 3, p. 53). La penle continentale des
marges << nourries >> peut devenir un talus sédimentaire, tandis que celle des
marges « maigres >> reste une région de sédimentation condensée et d’érosion.
—
La croissance du glacis continental dépend beaucoup de sa situation dans
l’océan. Par exemple, la marge américaine de l’Atlantique reçoit plus de
contourites que la marge européenne parce qu’elle est plus exposée à l’action des
courants profonds.
——
Le diapirisme, enn, commencé pendant l’étape antérieure, se continue
durant le stade atlantique, en raison du poids des sédiments qui s’accumulent sur
le glacis.
2.—MARGES DE COULISSEMENT
ET STRUCTURES TRANSVERSALES
DES MARGES STABLES
L’évolution décrite dans le paragraphe précédent est la conséquence de
l’écartement progressif de deux plaques. Mais il existe une autre catégorie de
marge, également stable, qui résulte d’un mouvement coulissant le long d’une
fail/e transformante, mettant en contact de la croûte continentale et de la croûte
océanique (fig. 111.4, marge 2). Cette deuxième « famille >> de marges stables
(marges de coulissement), dont l’exemple le plus démonstratif est offert par le
golfe de Guinée septentrional, est moins bien connue que la première, née d’une
divergence lithosphérique (marges de divergence; fig. 111.4, marge 1).
Au début du coulissement, la faille transformante sépare deux continents
(fig. 111.5.A et B). Le frottement entre eux entraîne des déformations (plis, failles
inverses, décrochements de second ordre, bassins losangiques), qui affectent
une bande d’au moins 20 à 40 km de largeur.
Après cette première étape, le mouvement relatif des deux plaques peut
conduire à la séparation des continents auparavant en contact (fig. 111.5.B
et C). Chacune des lèvres de la fracture (la faille transformante) se trouve alors
face a un espace océanique en voie d’agrandissement, dont la dorsale n’est pas
parallèle à la marge comme dans le cas d’une marge passive de divergence,
mais perpendiculaire ou oblique. L’évolution thermique (soulèvement, subsi—
dence) d’une telle marge, on l’imagine, est beaucoup plus complexe que celle
d‘une marge de divergence.
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