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Chapitre IV : Résultats et discussions
Néanmoins, au niveau des stations du secteur Ouest, la distribution spatiale de ce métal est très
perturbée ; ses valeurs les plus élevées sont rencontrées tantôt dans les stations côtières et tantôt
dans les stations profondes. Cette situation évoque que les contaminations locales par le cobalt
peuvent être très répondues dans les parties Est et Centre par rapport à la partie Ouest. En effet,
dans les régions concernées par des apports anthropiques importants, les teneurs en cobalt fixé sur
les sédiments peuvent être très variables sur un même site (Li, 1991 ; Plank and Langmuir, 1998).
Cependant, les particules sédimentaires apportées à l’océan par les cours d’eau et la voie éolienne
ont une concentration en cobalt analogue à celle de la croûte terrestre, de l’ordre de 20 μg/g
(Turekian et Wedepohl, 1961). Dans les sédiments anoxiques, il s’associe aux sulfures de fer
(Maes et al., 2003). Il est, cependant, considéré comme un élément peu mobile après
enfouissement (Gendron et al., 1986). Mais, lors des remises en suspension massives de sédiments
anoxiques, il peut être émis dans la colonne d’eau. D’ailleurs, Martino et al., (2002) ont observé
des concentrations en cobalt dissous de l’ordre de 2 à 4 μg/l dans la zone de turbidité maximum
de l’estuaire du fleuve la Mersey.
La répartition spatiale des teneurs du chrome (Cr) est presque identique à celles du manganèse,
du vanadium et dans une moindre mesure à celle cobalt, mais avec des teneurs très élevées. En
effet, d’après Chiffoleau (1994), le chrome provenant de rejets directs est très rapidement piégé
par les sédiments au voisinage des sources. Cela confirme l’influence de l’origine de la
contamination locale, déjà constatée dans le cas d’autres métaux et explique, en partie, les fortes
teneurs révélées au niveau des stations côtières S23, S36, S4, S20 et S38 situées, respectivement,
dans le golfe d’Annaba, la baie de Jijel, la baie d’Alger, la baie de Beni Saf et le golfe de
Ghazaouet. Ces fortes teneurs dépassent la valeur de fond géochimique établie pour les sédiments
de la côte algérienne et qui de l’ordre de 124µg/g. Ainsi, au niveau d’autres stations profondes
(S18, S43, S35, S49, S27, S45, S54, S29 et S33), les teneurs de chrome dépassent aussi la valeur
de fond géochimique, ce qui peut renseigner sur l’ampleur de l’origine anthropique. Les teneurs
élevées en chrome dans les stations côtières semblent provenir principalement de rejets directs des
oueds ainsi que d’apports de sources éloignées à ne pas négliger. Pour les concentrations élevées
observées aux stations S36, S45 et S49, elles peuvent être aussi en relation avec la pollution
générée par la tannerie (Moulay et al., 2008) localisée dans la partie ouest de la ville de Jijel (El
Haddada). Cependant, les teneurs élevées en chrome dans les stations profondes pourraient
provenir en partie de l’érosion de roches relativement riches en chrome (serpentines, dunites..etc.)
(Satouh, 2017), des rejets atmosphériques des zones industrielles et des aérosols terrigènes
d’origine naturelle qui peuvent représenter des sources secondaires du chrome dans le milieu
marin. Néanmoins, la nature des sédiments dans les stations profondes (vase) et leurs fortes teneurs
en matière organique ont leur s influence dans cette distribution.
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