SALMONIDAE. — SALMO
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plus long que la rivière considérée est plus élevée en latitude. Deux ans
de séjour est le temps habituel pour les jeunes Samoens du bassin de l’Adour.
Lorsque le moment est arrivé pour eux de descendre à la mer, ils subissent
une mue et prennent une livrée argentée, brillante (Smolts). Leur silhouette
change également; ils s’allongent en perdant leur caractère d’alevin, ce
qui apparait notamment dans la variation du rapport de la longueur de
leurs nageoires avec la longueur du corps.
Les Smolts descendent normalement à la mer au cours d’une crue de
printemps. Ils mesurent alors de 12 à 16 cm, pour un poids de 40 à 50 gr.
Ils reculent la tête tournée vers l’amont. Alors que la montée se faisait sous
le signe de la combativité, l’avalaison paraît être passive. Quelle raison, à
un
moment donné, les pousse à quitter le fond de la rivière et les galets
pour s’élanccr en pleine eau où ils sont entraînés peu à peu par le courant ?
Pour FONTAINE, il semble que ce soit le tandem hypophyse—thyroïde qui
soit en cause. Précédant la phase de déplacement il y a, chez l’alevin, une
phase d’hyperthyroïdie qui entraîne la smoltieation; mais, au moment
de la migration, l’organisme semble exiger plus (l’hormone thyroïdienne
que la glande ne peut lui en fournir. L’hypophyse secrète alors en abondance
la tliyré0-Stimuline, et ce serait cette substance qui déclenchcrait des phénomènes d’agitation motrice, comme cela a été montré chez les Mammifères.
C’est au cours de ce stade d’activité passagère que le jeune Saumon quitte
le fond de la rivière puis est ensuite, passivement, peu à peu entraîné par
le courant vers l’aval.
Que devient le jeune Saumon après avoir pénétré dans les eaux marines ?
On a pensé longtemps (LE DANDIS) que les Saumons descendaient les anciens
estuaires géologiques et s’avançaient jusqu’au bord du plateau continental
où, trouvant une nourriture particulièrement abondante (Crevettes), ils
demeuraient pour leur temps de croissance. Ils remontaient ensuite vers
l’amont lorsqu’ils se trouvaient en quelque sorte repoussés par les « transgressions » de masses d’eau profonde à salure élevée. A la suite de 2.940 Smolts
marqués lors de leur migration d’avalaison dans le Gave d’Oloron en 1951
et 1952, 3 individus ont été capturés dans des lets dérivant à Maquereaux,
à 1.000 km du lieu de l’opération de marquage (Peyrehorade dans les BassesPyrénées) et à quelques milles au large de la Bretagne à hauteur de Brest.
Le délai écoulé entre la prise et le point de départ était de 22 a 27 jours,
soit une vitesse apparente de déplacement de 27 à 29 km par jour (VIBERT,
1952). Des observations identiques ont été renouvelées les années suivantes.
Ce fait nouveau oblige à réviser les idées admises jusqu’à ce jour et fait
soupçonner des migrations d’une amplitude beaucoup plus considérable
qu’on ne le croyait primitivement. Un individu marqué à 0510 a été repris
dans la mer Blanche après un déplacement de 3.000 km (DOTTRENS, 1952),
D’après ce même auteur, les jeunes Saumons, dès la sortie des estuaires,
se nourrissent principalement de Crustacés (Crevettes) ; en mer, les Poissons
constituent la part la plus importante de leur nourriture : Harengs, Sprats,
Eperlans, etc. (1).
Chez les Saumons, en plus des renseignements fournis sur l’âge, l’examen
des écailles d’un reproducteur en migration de montée, permet de reconnaitre
si le Poisson considéré est déja venu en eau douce pour y frayer. Les écailles
1. Au cours de ces dernières années (WISBY et HASIÆR
1954) des expériences ont
été faitæ aux U.S.A. pour mettre en évidence la sensibilité aux odeurs des migrateurs.
Placée de manière telle qu’ils ont un choix et faire les Saumon: dont les fosses nasales
ont été obturées se révèlent incapables de retrouver leur rivière d’origine.
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