107
b) Description et interprétation du tableau des intensités
Concernant l'intensité des activités dans la zone 3 (tab. 12), les activités les plus importantes sont le
port mixte d'Alger, la centrale thermique d'El Hamma, la station de dessalement de l’eau de mer d'El
Hamma et les industries pharmaceutiques. Ces activités ont une très forte intensité du fait des
différentes formes de pollution qu’elles génèrent (pollution chimique, pollution thermique, rejets de
saumures). Ces activités autant que leur rejet peuvent avoir une influence importante sur le
développement de l’économie bleue dans la wilaya d’Alger. Nous retrouvons aussi l’herbier à
posidonie qui a une très forte intensité, il impact le milieu d’une façon importante et positive.
Quant aux autres activités telles que les fabriques de glaces, le port de plaisance de la Sablette, la
marina Hilton, ainsi que la zone d'expansion touristique, elles ont des intensités moyennes à faibles
et impactent le milieu marin d'une façon moins importante. Enfin, les activités ayant un impact très
faible sur le milieu telles les entreprises de réparation navales, la halle à marée, les câbles sous-marins,
les ouvrages de protection et les lignes de transport.
c) Description et interprétation du tableau des conflits
L’'analyse du tableau des conflits au niveau de la zone 2 (tab. 15) montre l’existence d’activités très
conflictuelles telles que la station de dessalement, la centrale thermique d’El Hamma, la zone d’oued
El Harrach, qui malgré le projet de dépollution de son bassin versant et de son aménagement intégré
qui est en cours pose encore avec le port mixte d’Alger des problèmes environnementaux qui affectent
les équilibres écologiques de la baie d’Alger et réduisent la qualité de ses eaux et sont une source de
problèmes pour d’autres activités comme les surcoûts générés pour le dessalement. Les rejets de
saumure et les eaux chaudes rejetés par la SEDM et la centrale thermique d’El Hamma sont également
une source de conflits avec les autres activités dépendantes des ressources marines dans la zone. Cette
situation justifie pleinement la nécessité d’opérer la planification de l'espace dans cette zone en
prenant en compte également les activités et usages dans les zones avoisinantes.
Concernant les activités restantes, telles les câbles sous-marins, les lignes de transport, les ouvrages
de protection, les fabriques de glace, les chantiers et entreprises de réparation navale, la Halle à marée
et les ports, sont soit faiblement conflictuelles, soit à risque de conflit moyen. Il n’est pas exclu que
ces activités dans l’avenir proche ou à moyen terme deviennent conflictuelles avec les autres usages
dans la zone.
Des mesures importantes doivent être prises pour réduire les effets négatifs des conflits d’usage entre
les activités liées à l’économie bleue dans cette zone. Ces mesures peuvent être extrêmes, du type
délocalisation, comme c’est le cas du port de commerce d’Alger, dont les activités de commerce font
l’objet d’un projet de transfert vers la wilaya de Tipaza (le projet du grand port Centre d’El
Hamdania). Ce projet est intégré dans le cadre de la mise en place de marinas (projet de
l'aménagement de la baie d'Alger à l'horizon 2030). Ces mesures peuvent être de nature réglementaire,
via l’obligation de mettre en place des systèmes de prétraitement et de traitement des eaux usées
industrielles (prévues dans le cadre du projet de dépollution du bassin versant de l’oued El Harrach)
au niveau des installations classées à risque (pollution).
Précédent

Analyse du cadre de l\'économie bleue et de la planification de l\'espace maritime en Algérie: cas de la zone marine et côtière de la wilaya d\'Alger - 107/135

Suivant