6
Pollution atrnospherique
sur la base de mesures, et en des termes particulierernent modernes, la pollution qui affecte la Grande-Bretagne. II note que la nature de la pollution
est differente selon la localisation (et, de fait, selon l'eloignement aux sources
d' emissions) :
« [...] we may therefore find easily three kinds of air, [...], that with
carbonate of ammonia in the fields at a distance, [...], that with sulfate
and ammonia in the suburbs, [...] and that with sulphuric acid, or acid
sulphate, in the town» (tire de [43]).
La notion de « pluie acide » fait l'objet de son ouvrage de 1872, Air and
Acid Rain : the Beginnings of a Chemical Climatology. Inspecteur general en
charge de l'application de l' Alkaly Act, il met en place un veritable reseau de
mesures, prccurseur des reseaux modernes de surveillance.
Le medecin anglais Harold Antoine des VCEUX introduit en 1905 Ie terme de
« smog» pour decrire « a fog intensified by smoke». Le terme est popularise
aprcs son etude des episodes de pollution sur Glasgow (automne 1909).
Tout s'accelere ensuite : sur lc plan scientifique, la montce en puissance de
la physique et de la chimie permet une comprehension de plus en plus fine des
processus tandis que l'augmentation des emissions (liees a l'industrialisation
croissante et aux debuts de l'automobile) fait emerger peu a peu des preoccupations environnementales.
Alors que l'ozone commence a etre me sure des la seconde moitie du XIX
e
siecle (a la suite de son identification, du fait de son odeur caracteristique, par
Christian Sch6nbein), des mccanismes chimiques sont proposes tout au long
du Xx
e
siecle pour expliquer la composition chimique de I'atrnosphere. Sidney
Chapman propose, au debut des annees 30, un premier mecanisme decrivant
l'ozone stratospherique. Arie Jan Haagen-Smit decrit la composition probable
du smog photochimique de Los Angeles au debut des annees 50 : un melange
d'ozone, d'oxydes d'azote et de composes organiques volatils.
Aux thematiques « classiques » (smog soufre ou photochimique) s'est ensuite greffe, a partir des annees 60, tout un ensemble de nouvelles preoccupations : pluies acides, pollution transfronticrc, ozone stratospherique, effet de
serre additionnel, et plus generalement l'etude de la composition chimique de
I'atrnosphere.
La perception de I'atmosphere comme un milieu chimiquement reactif est
definitivement installee par les travaux de P. J. Crutzen, M. J. Molina et
F. S. Rowland, parmi d'autres scientifiques, recompenses par Ie prix Nobel
en 1995 «for their work in atmospheric chemistry, particularly concerning the
formation and decomposition of ozone».
Accidents, impacts et corpus reglementaire
En parallels a cette amelioration de la comprehension, les manifestations
de la pollution ont parfois ete cxtremcmcnt violentes (tableau 2). Lorsque les
Pollution atrnospherique
sur la base de mesures, et en des termes particulierernent modernes, la pollution qui affecte la Grande-Bretagne. II note que la nature de la pollution
est differente selon la localisation (et, de fait, selon l'eloignement aux sources
d' emissions) :
« [...] we may therefore find easily three kinds of air, [...], that with
carbonate of ammonia in the fields at a distance, [...], that with sulfate
and ammonia in the suburbs, [...] and that with sulphuric acid, or acid
sulphate, in the town» (tire de [43]).
La notion de « pluie acide » fait l'objet de son ouvrage de 1872, Air and
Acid Rain : the Beginnings of a Chemical Climatology. Inspecteur general en
charge de l'application de l' Alkaly Act, il met en place un veritable reseau de
mesures, prccurseur des reseaux modernes de surveillance.
Le medecin anglais Harold Antoine des VCEUX introduit en 1905 Ie terme de
« smog» pour decrire « a fog intensified by smoke». Le terme est popularise
aprcs son etude des episodes de pollution sur Glasgow (automne 1909).
Tout s'accelere ensuite : sur lc plan scientifique, la montce en puissance de
la physique et de la chimie permet une comprehension de plus en plus fine des
processus tandis que l'augmentation des emissions (liees a l'industrialisation
croissante et aux debuts de l'automobile) fait emerger peu a peu des preoccupations environnementales.
Alors que l'ozone commence a etre me sure des la seconde moitie du XIX
e
siecle (a la suite de son identification, du fait de son odeur caracteristique, par
Christian Sch6nbein), des mccanismes chimiques sont proposes tout au long
du Xx
e
siecle pour expliquer la composition chimique de I'atrnosphere. Sidney
Chapman propose, au debut des annees 30, un premier mecanisme decrivant
l'ozone stratospherique. Arie Jan Haagen-Smit decrit la composition probable
du smog photochimique de Los Angeles au debut des annees 50 : un melange
d'ozone, d'oxydes d'azote et de composes organiques volatils.
Aux thematiques « classiques » (smog soufre ou photochimique) s'est ensuite greffe, a partir des annees 60, tout un ensemble de nouvelles preoccupations : pluies acides, pollution transfronticrc, ozone stratospherique, effet de
serre additionnel, et plus generalement l'etude de la composition chimique de
I'atrnosphere.
La perception de I'atmosphere comme un milieu chimiquement reactif est
definitivement installee par les travaux de P. J. Crutzen, M. J. Molina et
F. S. Rowland, parmi d'autres scientifiques, recompenses par Ie prix Nobel
en 1995 «for their work in atmospheric chemistry, particularly concerning the
formation and decomposition of ozone».
Accidents, impacts et corpus reglementaire
En parallels a cette amelioration de la comprehension, les manifestations
de la pollution ont parfois ete cxtremcmcnt violentes (tableau 2). Lorsque les
