Chapitre I
Généralités
30
I.10. Le Cs-137 dans le milieu marin
Le Césium-137 est l'un des radionucléides les plus importants dans l'environnement marin en
raison de son comportement d’élément soluble lors de son introduction dans le milieu marin (Irsn,
2005), il a une demi-vie modérément longue (~30 ans), sa désintégration produit un rayonnement
gamma très pénétrant en plus des particules bêta. Ses propriétés biogéochimiques lui permettent
de se déplacer facilement dans les chaînes alimentaires (Ncrp, 2006). En effet, il peut être absorbé
par les végétaux marins, le phytoplancton et le zooplancton, et lorsqu'il est ingéré par les poissons,
il est facilement assimilé (Ncrp, 2006; Thomas et al., 2018).
Il a tendance à résider dans les muscles et autres tissus mous, alors que sa rétention chez les
animaux dépend de la taille de l'animal et de son taux métabolique (Ncrp, 2006 ; Thomas et al.,
2018).
Le Cs-137 est utilisé comme traceur des masses d’eau depuis plus de 30 ans à l’échelle mondiale
en raison de son adsorption sur un précipité de ferrocyanure à partir de volumes de plusieurs
dizaines à plusieurs centaines de litres d’eau, facilitant ainsi sa mesure par spectrométrie gamma
(Irsn, 2005).
I.10.1. Origine du Cs-137
Le Césium appartient tout comme le K-40 à la classe des métaux alcalins, Le Césium 137 (
137
Cs)
est un radionucléide artificiel, qui a été libéré en très grande quantité dans l’environnement,
essentiellement lors des essais atmosphériques des armes nucléaires ainsi qu’à la suite d’accidents
survenus au sein d’installations industrielles utilisant ou pouvant le libérer (Lestaevel et al., 2010).
Sa présence dans le milieu marin a trois sources possibles: le dépôt direct due aux retombées
globales (Tchernobyl et Fukushima Daiichi), les apports indirects par les cours d’eau résultant du
drainage du bassin versant ou les relargages des installations nucléaires (Miralles, 2004; Thomas
et al., 2018).
I.10.2. Toxicité du Cs-137
Du fait de sa large dispersion dans l’environnement, il est difficile de distinguer la part relative des
différentes voies d’exposition (inhalation, ingestion, externe) au Cs-137 dans la toxicité exprimée
chez l’homme. Néanmoins, il est couramment admis qu’à forte dose d’exposition (accidentelle),
les voies d’exposition sont multiples alors qu’à faible dose, la principale voie est l’ingestion
(Lestaevel et al., 2010).
Précédent

Evaluation de l’activité du Polonium-210 et niveaux des éléments de trace métalliques (Hg, Pb et Cd) dans le biote (Poissons comestibles et fruits de mer), risque sur la santé de l’homme: - 30/91

Suivant