3.1.La pêche récréative ou de plaisance en Algérie
43
3.1.5
Discussion
Les données obtenues ont permis une reconstitution de la pêche de plaisance dont les
informations sont sévèrement absentes et dont les captures sont complètement ignorées. La
période relativement courte a fait que la méthode utilisée se base exclusivement sur
l'extension à l'échelle nationale en utilisant le nombre d'autorisations délivrées (effort) et une
CPUE calculée.
Les captures de la pêche récréative (plaisance et chasse sous-marine) reconstituées en
Algérie ont atteint pas moins de 4766 t/an entre 2011-2015, ce qui est supérieur aux
estimations précédentes de captures annuelles de plaisance de 1000 t où il a été considéré que
80 % des plaisanciers étaient constitués de palangriers (Belhabib et al., 2013). Cette étude a
permis :
-De constater que les plaisanciers utilisaient les mêmes engins de pêche, pêchant les
mêmes espèces dans les mêmes zones que les pêcheurs professionnels.
-D'estimer des captures souvent considérées comme insignifiantes. Ceci constitue une
concurrence déloyale entre le secteur professionnel et une activité sensée être destinée aux
loisirs uniquement.
La question de la concurrence entre le secteur artisanal (traditionnel) et le secteur des
loisirs se reflète dans d’autres exemples au niveau mondial. En effet, les pêcheries
canadiennes du Pacifique, dont la gestion est basée sur un contrôle de la production, ont
généré un différend important sur l'accès à la ressource entre le lobby de la pêche récréative et
les communautés de pêcheurs autochtones traditionnelles lorsque 12% du quota de pêche
global a été réaffecté au secteur des loisirs. Cette question était exacerbée par le fait que les
captures du secteur des loisirs dans le Pacifique canadien, lorsqu’elles étaient surveillées,
semblaient dépasser les quotas de ressource attribués (Gislason, 2006). Ces allocations ont
aliéné des communautés de pêcheurs indigènes et petits métiers à diverses occasions et restent
un problème récurrent, principalement motivé par les priorités d'accès et le manque de
connaissances sur les impacts de la pêche récréative (Gislason, 2006, Hauck, 2009).
A titre d'exemple, sur les quelques données (production totale annuelle) de la pêche
récréative récoltées à Boumerdes pour la période 2011-2015, notre reconstruction des
captures sur la base de ces données a montré des différences significatives (entre 59 et 501
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Les données obtenues ont permis une reconstitution de la pêche de plaisance dont les
informations sont sévèrement absentes et dont les captures sont complètement ignorées. La
période relativement courte a fait que la méthode utilisée se base exclusivement sur
l'extension à l'échelle nationale en utilisant le nombre d'autorisations délivrées (effort) et une
CPUE calculée.
Les captures de la pêche récréative (plaisance et chasse sous-marine) reconstituées en
Algérie ont atteint pas moins de 4766 t/an entre 2011-2015, ce qui est supérieur aux
estimations précédentes de captures annuelles de plaisance de 1000 t où il a été considéré que
80 % des plaisanciers étaient constitués de palangriers (Belhabib et al., 2013). Cette étude a
permis :
-De constater que les plaisanciers utilisaient les mêmes engins de pêche, pêchant les
mêmes espèces dans les mêmes zones que les pêcheurs professionnels.
-D'estimer des captures souvent considérées comme insignifiantes. Ceci constitue une
concurrence déloyale entre le secteur professionnel et une activité sensée être destinée aux
loisirs uniquement.
La question de la concurrence entre le secteur artisanal (traditionnel) et le secteur des
loisirs se reflète dans d’autres exemples au niveau mondial. En effet, les pêcheries
canadiennes du Pacifique, dont la gestion est basée sur un contrôle de la production, ont
généré un différend important sur l'accès à la ressource entre le lobby de la pêche récréative et
les communautés de pêcheurs autochtones traditionnelles lorsque 12% du quota de pêche
global a été réaffecté au secteur des loisirs. Cette question était exacerbée par le fait que les
captures du secteur des loisirs dans le Pacifique canadien, lorsqu’elles étaient surveillées,
semblaient dépasser les quotas de ressource attribués (Gislason, 2006). Ces allocations ont
aliéné des communautés de pêcheurs indigènes et petits métiers à diverses occasions et restent
un problème récurrent, principalement motivé par les priorités d'accès et le manque de
connaissances sur les impacts de la pêche récréative (Gislason, 2006, Hauck, 2009).
A titre d'exemple, sur les quelques données (production totale annuelle) de la pêche
récréative récoltées à Boumerdes pour la période 2011-2015, notre reconstruction des
captures sur la base de ces données a montré des différences significatives (entre 59 et 501
