3.3. Influence des changements climatiques sur la ressource marine vivante algérienne
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algérienne où elle était rare. Par la suite, lors des campagnes qui ont suivi, cette espèce est
devenue absente. Ce statut est le même dans les régions du nord de la Méditerranée durant les
campagnes MEDITS d'évaluation des ressources entre 1994 et 1999, où sa fréquence
d'occurrence est de 15 %, ce qui la classe comme espèce rare (Ungaro et al., 2002). La
vulnérabilité de son habitat (Casamajor et al., 2012) et son affinité froide seraient la cause de
ce déclin. En effet, cette espèce ne montre aucune différenciation génétique entre les
populations de l'Atlantique et celles de la Méditerranée contrairement aux populations de
Lophius budegassa qui présente une différence génétique dont les populations suivent la
barrière du front Almeria-Oran (Charrier, 2006). Ceci pourrait expliquer la non capacité
d'adaptation de Lophius piscatorius au réchauffement des eaux.
3.3.4.3.2 Espèces rares
Hormis les espèces citées plus hauts, les autres espèces ont des fréquences relativement
constantes au fil du temps. La plupart des espèces rares et très rares maintiennent ce statut, ce
qui traduit une évolution lente. Notons que certaines espèces peuvent se présenter comme
espèces communes lors d'une campagne et redevenir rares lors de la campagne qui suit.
Il est très important de noter que l'engin de pêche peut avoir une influence significative
dans les prises. En effet, les données traitées sont des captures des chaluts de fond utilisés
durant des campagnes d'évaluation des ressources demersales. Cependant, le cas de
Pomadasys incisus met en garde quant à une conclusion hâtive qui peut être biaisée par la
sélectivité du chalut ou à l'effet même de l'échantillonnage aléatoire. En effet, selon les
captures des campagnes, cette espèce n'a figuré que dans la liste de la campagne Thalassa
1982 et n'apparait dans aucune autre campagne analysée dans ce travail. La disparition de
l'espèce n'est cependant pas vraie, car elle a été signalée par le CNRDPA (2009) dans la baie
de Bou Ismail capturée par le filet maillant et par Refes, (2011) dans les captures des
chalutiers professionnels dans l'est algérien. De même, durant la campagne d'évaluation des
ressources pélagiques en 2017, trois individus ont été capturés : l’un pêché à la ligne par
l'auteur le 09 Octobre 2017, les deux autres ont été capturés le lendemain par le chalut
pélagique dans la baie d'Annaba à environ 25 m de fond (figure 18). Toutes ces espèces, ont
été qualifiées de rares sans avancer une hypothèse de disparition.
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