Chapitre I
Généralités
29
ciliés (paramécies) et bactéries, de l'eau. Ces organismes entretiennent la clarté des mares et
des zones humides eutrophes ou mésotrophes où elles sont présentes, permettant une
meilleure pénétration de la lumière dans les couches profondes de la colonne d'eau. Daphnia
magna peut par exemple filtrer et manger plusieurs milliers de petites algues vertes par heure,
ce qui correspond à une filtration atteignant 80 ml par 24 heures, soit une capacité de
filtration pour 20 individus de 1 litre d'eau en 24 heures ; en permettant - grâce à cette
limpidité de l'eau - une désinfection accrue par les rayons UV solaires. En limitant les
pullulations d'algues filamenteuses de surface (tant que les nitrates et phosphates ne sont pas
trop surabondants).
Comme pour d'autres invertébrés aquatiques, un éclairement correspondant à la moitié de
celui de la pleine lune (moins de 0,1 lux) suffit à influencer la migration verticale
nycthémérale. La pollution lumineuse pourrait donc aussi perturber cette espèce, avec des
conséquences écologiques potentiellement graves telles que le développement d'algues de
surface susceptibles d'appauvrir et dégrader les zones humides où les daphnies seraient ainsi
perturbées.
Les daphnies connaissent comme tous les crustacés des mues périodiques. Mais elles sont
aussi des polymorphes saisonnières (elles changent de forme selon la saison). Pour cette
raison, seules les grandes femelles permettent d'identifier avec certitude une espèce (Paul, D.
N. H., 2008).
2.4 Importance dans la niche écologique
Les daphnies jouent un rôle majeur dans le cycle des nitrates et phosphates dans l'eau, et donc
en termes de « autoépuration » des eaux stagnantes. Elles sont aussi un régulateur efficace du
phytoplancton, tant que les nutriments ne sont pas trop excessivement présents.
Elles sont une source d'alimentation importante pour de nombreuses espèces aquatiques et
semi-aquatiques. Les daphnies montent et descendent dans la colonne d'eau de manière
rythmique en fonction de la luminosité et des cycles nycthéméraux ; en l'absence de poissons
et de mouvements de convection, notamment dans les mares forestières et de vallées peu
exposées au vent ; par le mouvement constant de leurs antennes natatoires et par les
microturbulences qu'elles engendrent ainsi dans la colonne d'eau, elles contribuent :
Précédent

Les daphnies : caractéristiques, production et valorisation - 29/81

Suivant