Chapitre I
Synthèse Bibliographique
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forte augmentation des densités cellulaires de ces microorganismes (10
5 -10
7 cellules /l)
(Hallegraeff, 2003) sur une courte période de temps (1-3 semaines ; Masό et Garcés, 2006).
Ces proliférations massives engendrent une coloration de l’eau de mer (jaunâtre, rougeâtre,
brunâtre ou verdâtre) qui varie en fonction des pigments photosynthétiques des microalgues.
Cependant, de nombreuses espèces produisent peu de pigments et leurs efflorescences sont plus
difficiles à détecter (Cohu, 2012). Par ailleurs, certaines espèces de microalgues ne forment pas
de blooms à fortes biomasses (abondance de quelques centaines ou milliers de cellules par litre)
mais peuvent produire de puissantes toxines ayant des conséquences dramatiques pour
l’Homme et pour l'environnement (Aquino-Cruz, 2012 ; Accoroni, 2012).
Parmi les 5 000 espèces de phytoplancton marin recensées (Sournia et al., 1991),
environ 300 peuvent former des efflorescences . Seulement 60-80 espèces (2%) de ces 300
taxons sont nuisibles (Smayda, 1997). Parmi l’ensemble des espèces phytoplanctoniques
nuisibles, 40% sont toxiques (Al-Ghelani et al., 2005), et ont donc la capacité de synthétiser
des biotoxines et de causer par conséquent la contamination des bivalves filtreurs (huîtres,
moules et palourdes), et des larves de crustacés et de téléostéens (Hallegraeff, 2003). Ces
phycotoxines peuvent s’accumuler le long de la chaîne alimentaire et engendrer différents
syndromes associés à des troubles neurologiques ou gastriques chez les consommateurs (AlGhelani et al., 2005). D’autres espèces ne sont pas toxiques mais nocives en raison de leurs
fortes biomasses. Ces dernières peuvent causer des anoxies (ou des hypoxies), et avoir des
répercussions négatives sur d’autres organismes marins (colmatage/abrasion des branchies des
téléostéens et mortalités massives d’invertébrés) ainsi que sur l’environnement (dégradation de
la qualité de l’eau, mousses et écumes, mucus et substances gluantes…) (Anderson, 2009;
Rodger et al., 2011; D'Silva et al., 2012).
En milieu marin, les zones confinées comme les ports et les baies sont particulièrement
concernées par la prolifération d’espèces micro algales nuisibles (Garcés et al., 2000; Vila et
al., 2001a). Ces efflorescences d’organismes phytoplanctoniques et microphytobenthiques sont
généralement induites par des espèces appartenant aux groupes des Diatomées, des
Dinoflagellés, des Raphidophytes, des Prymnésiophycées et des Silicoflagellés (Moore et al.,
2008; Aquino-Cruz, 2012; Accoroni, 2012). Cependant, les dinoflagellés représentent à eux
seuls 75% (45-60 taxons) de toutes les espèces responsables des HABs (Smayda, 1997).
I.2.2. Impacts des efflorescences de microalgues nuisibles
 Impacts sanitaires
Les mollusques bivalves représentent les vecteurs les plus courants d’intoxications
humaines. Ces organismes peuvent bio-accumuler une grande quantité de phycotoxines dans
leurs tissus par filtration (Cohu, 2012). Ces toxines n’induisent aucun effet néfaste pour les
bivalves filtreurs, mais elles représentent des vecteurs de toxicité pour leurs prédateurs
(Gerssen et al., 2010). Par ailleurs, ces biotoxines sont résistantes à la chaleur et ne peuvent
donc pas être inactivées par la cuisson (Hallegraeff, 2003). Chez l’homme, la consommation
des fruits de mer contaminés engendre ainsi de graves intoxications alimentaires, associées à
divers troubles neurologiques ou gastriques.
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