Evaluation de la pénétration du carbone anthropique en Méditerranée | Matériel et méthodes
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climatologie mensuelle de la région afin de reconstruire la distribution de ces deux paramètres
du système des carbonates. Les concentrations de ce couple serviront à calculer la pCO2 puis
les flux air-mer en CO2 pour chaque mois de l’année 2011.
Etude d’inter-cohérence des données (année 2011)
Ce travail s’est basé sur les données de trois campagnes effectuées la même année sur le bassin
occidental de la Méditerranée : MOOSE, réalisée dans le sous bassin Liguro-provençal (mai et
juin 2011) ; M84/3, réalisée dans les sous bassins Algérien et Alboran (avril 2011) ; EF11,
réalisée dans le sous bassin Tyrrhénien (avril et mai 2011).
Afin de réaliser une analyse de cohérence inter-campagne des données de M84/3 et EF11,
quatre stations, couvrant relativement la même zone (bassin Tyrrhénien), ont été sélectionnées
pour chacune des campagnes. Une comparaison des concentrations en AT et TCO2 a été
effectuée pour les eaux dont la profondeur dépasse les 1000 m de fond, ces eaux étant connues
pour l’homogénéité de leurs concentrations. Cette méthode a déjà été utilisée par plusieurs
auteurs (e.g., Álvarez et al., 2014; Tanhua et al., 2010). Les résultats suggèrent une très bonne
consistante entre les données des deux campagnes avec une différence moyenne comprise dans
l’intervalle de précision des mesures d’AT et de TCO2 (0,3 et 1,3 µmol/kg, respectivement).
La méthode effectuée entre les deux premières campagnes n’a pas pu être réalisée avec la
campagne MOOSE en raison de la non existence d’une zone de chevauchement des stations
d’échantillonnage avec les autres campagnes. La comparaison entre deux stations de la
campagne MOOSE avec deux stations de la campagne M84/3, échantillonnées dans le bassin
Algéro-provençal, a mis en avant des différences moyennes significatives dans les
concentrations d’AT et de TCO2 de 6,5 et 13,5 µmol/kg, respectivement, en dessous de 1000 m
de profondeur. Or, ces différences pourraient être dues à de la variabilité spatiale. L’analyse de
la cohérence de ces données a été réalisée, de ce fait, à l’aide des résultats de comparaison interlaboratoire obtenus par le Scripps Institution of Oceanography, University of California, en
2017. Ces résultats qui ont compris des mesures sur deux batchs de CRM (162 et 164) révèlent
clairement que les deux laboratoires ayant réalisé les analyses des paramètres des carbonates, à
savoir le SNAPO-CO2 pour MOOSE et GEOMAR pour M84/3, présentent une justesse proche
des erreurs de mesure.
Chaque donnée, codée par le fournisseur original de la donnée, a subi des tests de contrôle de
qualité afin de détecter d’éventuelles données biaisées qui présentent des pics anormaux ou qui
sortent des moyennes observées en Méditerranée. Seules les données considérées « bonnes »
par le fournisseur des données ainsi que par nos tests ont été considérées pour la suite de ce
travail.
Il est important de signaler que ces données ne vont servir qu’à la constitution d’équations entre
les paramètres du système des carbonates et les paramètres biogéochimiques de base (T, S,
UAO). Ceci suggère que l’erreur liée à l’inter-comparabilité des données n’a pas d’incidence
majeure sur l’estimation de la pCO2.
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