Evaluation de la pénétration du carbone anthropique en Méditerranée | La Méditerranée
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aussi un excellent site d’investigation du couplage entre la physique et les processus
biogéochimiques (Volpe et al., 2012). De plus, en exportant les eaux intermédiaires chaudes et
salées vers l’Atlantique, la Méditerrané influence également la circulation thermohaline globale
(Candela, 2001; Malanotte-Rizzoli et al., 2014) ainsi que la biogéochimie de l’océan mondial
(e.g., Álvarez et al., 2005). D’où, l’important rôle qu’elle peut jouer dans la prévision des
impacts des changements climatiques à plus grande échelle.
Les caractéristiques intrinsèques de la Méditerranée en font une mer qui détient un large
potentiel de séquestration du carbone anthropique (Álvarez et al., 2014); une alcalinité et une
température importantes combinées à une circulation générale très active avec un temps de
renouvellement de 20 à 40 ans pour le bassin occidental. En effet, les inventaires du carbone
anthropique (C
ant
) de la colonne d’eau sont plus élevés en Méditerranée que n’importe où
ailleurs dans l’océan mondial (Lee et al., 2011; Schneider et al., 2010). Cette mer présente
également une source potentielle de C
ant
pour l’océan. En effet, d’après Aït-Ameur et Goyet
(2006), la mer Méditerranée est une source significative de C
ant
pour l’Atlantique avec un export
net de 0,032 à 0,066 Pg C/an, soit 4,8 % du carbone sortant de la Méditerranée par le détroit de
Gibraltar.
La Méditerranée est relativement bien oxygénée avec des concentrations qui peuvent atteindre
les 180 µmol/kg pour la couche du minimum d’oxygène (70–80 µmol/kg d’UAO : Utilisation
Apparente d’Oxygène). Ceci est lié à la ventilation rapide et active de cette mer (e.g., Roether
et Schlitzer, 1991; Schneider et al., 2010; Stöven, 2011). Dans le bassin occidental, la couche
du minimum d’O2 coïncide avec les LIW (Levantine Intermediate Waters) qui se situent à 300–
400 m de profondeur. Cette couche est le résultat de deux processus contraires dans la colonne
d’eau : la consommation d’O2 due à la minéralisation de la matière organique produite à la
surface et l’apport d’O2 par les processus d’advection et de diffusion verticales et latérales.
Dans le cas de la Méditerranée, une contribution additionnelle significative existe : la
contribution du mouvement vers le haut dû aux processus de formation d’eaux profondes (e.g.,
Klein et al., 2003). L’équilibre entre ces processus détermine la position et la concentration de
la couche du minimum d’oxygène (Tanhua et al., 2013). Il est important également de
considérer le caractère oligotrophe de la Méditerranée qui limite la reminéralisation de la
manière organique dans la colonne d’eau.
Le climat méditerranéen peut être qualifié de climat tempéré. Localisée entre les bandes
latitudinales moyennes caractérisées par des pluies torrentielles au Nord et des terres
désertiques au Sud, la région méditerranéenne est caractérisée par un cycle saisonnier très
prononcé avec des hivers humides et froids et des étés secs et chauds (Godard et Tabeaud,
2004).
Cette mer semi-fermée est caractérisée par un bilan d’eau négatif (précipitation-évaporation),
d’où son nom de bassin d’évaporation ou d’accumulation. Cette propriété lui permet de
modifier les eaux atlantiques en eaux méditerranéennes plus salées (de 36 à 39) et donc plus
denses (densité réduite de 28 à 29 kg/m
3
) (Béthoux et al., 1998; Millot et Taupier-Letage, 2005).
A méso-échelle, une circulation complexe caractérise la couche de surface de la Méditerranée
avec des tourbillons cycloniques et anticycloniques (Álvarez et al., 2014). En plus de la cellule
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aussi un excellent site d’investigation du couplage entre la physique et les processus
biogéochimiques (Volpe et al., 2012). De plus, en exportant les eaux intermédiaires chaudes et
salées vers l’Atlantique, la Méditerrané influence également la circulation thermohaline globale
(Candela, 2001; Malanotte-Rizzoli et al., 2014) ainsi que la biogéochimie de l’océan mondial
(e.g., Álvarez et al., 2005). D’où, l’important rôle qu’elle peut jouer dans la prévision des
impacts des changements climatiques à plus grande échelle.
Les caractéristiques intrinsèques de la Méditerranée en font une mer qui détient un large
potentiel de séquestration du carbone anthropique (Álvarez et al., 2014); une alcalinité et une
température importantes combinées à une circulation générale très active avec un temps de
renouvellement de 20 à 40 ans pour le bassin occidental. En effet, les inventaires du carbone
anthropique (C
ant
) de la colonne d’eau sont plus élevés en Méditerranée que n’importe où
ailleurs dans l’océan mondial (Lee et al., 2011; Schneider et al., 2010). Cette mer présente
également une source potentielle de C
ant
pour l’océan. En effet, d’après Aït-Ameur et Goyet
(2006), la mer Méditerranée est une source significative de C
ant
pour l’Atlantique avec un export
net de 0,032 à 0,066 Pg C/an, soit 4,8 % du carbone sortant de la Méditerranée par le détroit de
Gibraltar.
La Méditerranée est relativement bien oxygénée avec des concentrations qui peuvent atteindre
les 180 µmol/kg pour la couche du minimum d’oxygène (70–80 µmol/kg d’UAO : Utilisation
Apparente d’Oxygène). Ceci est lié à la ventilation rapide et active de cette mer (e.g., Roether
et Schlitzer, 1991; Schneider et al., 2010; Stöven, 2011). Dans le bassin occidental, la couche
du minimum d’O2 coïncide avec les LIW (Levantine Intermediate Waters) qui se situent à 300–
400 m de profondeur. Cette couche est le résultat de deux processus contraires dans la colonne
d’eau : la consommation d’O2 due à la minéralisation de la matière organique produite à la
surface et l’apport d’O2 par les processus d’advection et de diffusion verticales et latérales.
Dans le cas de la Méditerranée, une contribution additionnelle significative existe : la
contribution du mouvement vers le haut dû aux processus de formation d’eaux profondes (e.g.,
Klein et al., 2003). L’équilibre entre ces processus détermine la position et la concentration de
la couche du minimum d’oxygène (Tanhua et al., 2013). Il est important également de
considérer le caractère oligotrophe de la Méditerranée qui limite la reminéralisation de la
manière organique dans la colonne d’eau.
Le climat méditerranéen peut être qualifié de climat tempéré. Localisée entre les bandes
latitudinales moyennes caractérisées par des pluies torrentielles au Nord et des terres
désertiques au Sud, la région méditerranéenne est caractérisée par un cycle saisonnier très
prononcé avec des hivers humides et froids et des étés secs et chauds (Godard et Tabeaud,
2004).
Cette mer semi-fermée est caractérisée par un bilan d’eau négatif (précipitation-évaporation),
d’où son nom de bassin d’évaporation ou d’accumulation. Cette propriété lui permet de
modifier les eaux atlantiques en eaux méditerranéennes plus salées (de 36 à 39) et donc plus
denses (densité réduite de 28 à 29 kg/m
3
) (Béthoux et al., 1998; Millot et Taupier-Letage, 2005).
A méso-échelle, une circulation complexe caractérise la couche de surface de la Méditerranée
avec des tourbillons cycloniques et anticycloniques (Álvarez et al., 2014). En plus de la cellule
