Evaluation de la pénétration du carbone anthropique en Méditerranée | Résultats et discussions
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Variabilité saisonnière de l’AT et du TCO2
La reconstitution des pCO2 passe d’abord par la reconstitution de l’AT et du TCO2 du bassin
occidental de la Méditerranée. Ce bassin qui présente moins de dispersions, présente une très
bonne corrélation entre les paramètres du système des carbonates et la température, salinité et
UAO (Cossarini et al., 2015).
Un constat important nécessite d’être noté : l’utilisation de la température (en plus de la salinité)
pour la prévision de l’AT génère des résultats de pCO2 significativement différents pouvant
atteindre 200 µatm. Cet effet est différent d’un bassin à un autre : Le sous basin Tyrrhénien est
le plus affecté par l’utilisation de la température contrairement aux autres sous bassins ; Le
bassin Algérien présenterait des valeurs légèrement moins importantes de pCO2 si la
température est considérée (~ 50 µatm). L'effet de la température est donc important dans la
prévision de l'AT, néanmoins les équations devraient être calculées à partir de données récoltées
durant chaque saison afin d’avoir des résultats proches de la réalité. Dans le cas contraire, un
risque de surestimation de la pCO2 est possible, surtout dans le sous bassin Tyrrhénien
(Températures relativement importantes).
Les distributions horizontales saisonnières de l’AT, TCO2 et pCO2 sont illustrées sur la Figure
45 et la Figure 46. D’une manière générale, l’AT et le TCO2 présentent une faible variabilité
saisonnière moyenne avec une distribution similaire à celle de la salinité. Les concentrations
sont minimales en été et atteignent leur maximum durant l’automne et/ou l’hiver (upwelling
des eaux denses). Ce cycle semble régi principalement par les processus physiques (cycle
saisonnier de l’évaporation et du mélange vertical). Le refroidissement des eaux de surface
durant l’hiver augmente la densité des eaux et favorise le mélange avec les eaux profondes
enrichies en AT et TCO2 à partir de la reminéralisation de la matière organique et la dissolution
des CaCO3. Ce phénomène étant plus marqué dans le sous bassin Liguro-provençal, siège du
phénomène de formation des eaux profondes.
Les variations saisonnières moyennes de l’AT sont relativement inexistantes pour le sous bassin
Alboran, probablement en raison des apports relativement constants d’eaux atlantiques. Une
forte variabilité spatiale au printemps pouvant atteindre les 120 µmol/kg est observée. Ceci peut
être expliqué par les dynamiques à méso-échelle qui génèrent de fortes fluctuations dans la
Méditerranée sud-ouest. La variabilité saisonnière peut atteindre les 12 µmol/kg pour le sous
bassin Algerian, 14 µmol/kg avec une variabilité maximale au printemps pour le Liguroprovençal et 28 µmol/kg avec des fluctuations significatives au sein d’une même saison pour le
Tyrrhénien. Cette variabilité maximale est probablement due au cycle annuel de l’évaporation
de ce sous bassin, caractérisé par de fortes salinités.
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