50
4.1.3.2. Anomalie en oxygène et distribution des Sels Nutritifs :
La figure (32) montre la distribution en surface de l’anomalie en l’oxygène ou - UAO
dans l’ensemble du bassin algéro-provençal. Les cartes des nitrates, phosphates et silicates
sont présentées dans les figures (33), (34) et (35) respectivement.
L’analyse des cartes de l’anomalie en oxygène en surface montre clairement une
augmentation de l’hiver à l’été. Cette augmentation est corrélée d’une part à l’élévation des
températures de surface et d’autre part à l’accroissement de l’activité phytoplanctonique qui
commence dès le printemps après stabilisation des masses d’eau. (JACUES, 1986).
D’autre part, on note une augmentation sensible des valeurs de l’anomalie en l’oxygène
des années 50-60-70 aux années 90 surtout durant les mois d’été. A 200 m de profondeur
(figure 36), la hausse de l’anomalie en oxygène est prévisible, en effet les eaux intermédiaires
sont connues pour être pauvres en oxygène à cause de la dégradation bactérienne des débris
organiques.
Pour ce qui est des sels nutritifs, il y a diminution de leurs concentrations en surface de
février à août à cause de leur consommation par le phytoplancton.
Les concentrations en surface des nutriments sont très faibles et reflètent l’oligotrophie
des eaux méditerranéennes. En effet la concentration des nitrates, phosphates et silicates en
hiver ne dépassent pas 1.06 µmol/l, 0.14 µmol/l et 1.825umol/l respectivement. En été ces
valeurs sont à la baisse. Les maximums enregistrés toute décennie confondue sont de 0.86
µmol/l pour les nitrates, de 0.088 µmol/l pour les phosphates et de 1.03 µmol/l pour les silicates.
Les différences saisonnières (hiver – été) toutes décennies confondue sont de 0.14 µmol/l pour
les nitrates, 0.027 µmol/l pour les phosphates et 0.6 µmol/l pour les silicates. Ces amplitudes
montrent clairement que le phosphate est le sel nutritif limitant dans le bassin occidental, car il
est pratiquement totalement épuisé dans les eaux superficielles en été.
Par ailleurs, la tendance générale est une hausse des concentrations des sels nutritifs
des années 50-60-70 aux années 90. Cette augmentation est probablement le résultat de
l’augmentation des apports atmosphériques et telluriques. L’augmentation des apports
superficiels est à mettre en relation avec l’augmentation de la population des pays riverains,
+1,6% par an entre 1960 et 1983 (UNEP, 1988 in BETHOUX et al, 2001), de leur niveau de vie
(+4,7% par an) et des activités industrielles et agricoles.
Dans les eaux intermédiaires (200m) (figure 37 à 39), on note une nette augmentation
des concentrations en sels nutritifs par rapport à la surface due à la reminéralisation de la
matière organique. On remarque aussi qu’il y’ a augmentation des concentrations des
phosphates des nitrates et des silicates entre l’été et l’hiver. Cette augmentation pourrait être
liée à la reminéralisation de la matière organique au cours des diverses saisons de production
(automne – hiver- printemps) On note également que la deuxième décennie présente des
concentrations plus élevées en phosphates et en silicates à 200 m alors qu’on a une
augmentation graduelle des teneurs en nitrates des eaux intermédiaires de la 1
ère à la troisième
décennie.
Précédent

Etude du cycle biogéochimique du carbone dans le bassin algéro-provençal: - 60/107

Suivant