Synthèse bibliographique
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I.16 Toxicité des antibiotiques :
Les antibiotiques sont des contaminants dangereux pour l’environnement aquatique en raison
de leurs effets néfastes sur la vie aquatique et les humains.
Le problème qui peut être créé par la présence d’antibiotique à des faibles concentrations dans
le milieu est le développement de bactéries résistantes aux antibiotiques, ainsi l’utilisation
croissante des antibiotiques tant en médecine humaine que vétérinaire a conduit à la sélection
des souches de bactéries résistantes aux antibiotiques de plus en plus nombreuses.
Les eaux superficielles seraient un milieu favorisant à la diffusion des bactéries et l’échange de
leurs gènes de résistance aux antibiotiques entre différentes espèces (homme, animal) (Elmolla
& Chaudhuri, 2009). Ainsi leurs présence dans l’environnement pourraient changer l’écologie
microbienne, augmenter la prolifération des pathogènes résistants aux antibiotiques, provoquer
des effets toxiques sur les espèces aquatiques, des effets négatifs sur la santé humaine (Avisar,
Lester, & Ronen, 2009; Ginebreda et al., 2010).
Par ailleurs, les antibiotiques et notamment l'amoxicilline, de par leur activité antibactérienne,
sont très toxiques envers les algues bleues (qui sont des cyanobactéries).
Les antibiotiques de la classe des macrolides présentent quant à eux une toxicité importante
envers les algues vertes.
Les diverses classes d’antibiotiques pourraient présenter un risque pour les communautés
algales et, par conséquent, sur d’autres organismes dépendant de ces algues (Besse, 2007)
Pour l’impact des résidus pharmaceutiques sur la santé humaine, peu d’études se sont penchées
sur la question (Besse, 2007, 2010). Cependant, l’une d’elles a récemment révélé que la
présence d’antidépresseurs et de psychotropes dans l’eau potable pouvait activer l’expression
de gênes associées à l’autisme. Leur consommation ayant augmenté de façon spectaculaire ces
25 dernières années, des scientifiques américains ont cherché à savoir si les faibles
concentrations retrouvées dans l’eau potable pouvaient affecter le développement du fœtus. Ils
ont ainsi exposé des poissons d’eau douce à un mélange d’antiépileptiques et d’antidépresseurs
à de très faibles doses pendant 18 jours.
À l’issue de cette expérience, ils ont constaté que pas moins de 324 gènes, associés à l’autisme
humain, avaient altéré par ces petites doses de médicaments.
Les poissons exposés avaient aussi tendance à paniquer et se comportaient différemment de
ceux non exposés (Budzinski & Togola, 2006).
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