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Introduction
Le bassin méditerranéen est reconnu comme étant un hot spot de la biodiversité (Lejeusne et
al., 2010). Cette mer qui ne dépasse pas les 0.8 % de la surface globale des océans, abrite
environ 7 % des espèces marines mondiales, avec de grandes différences selon le phylum
(Boudouresque, 2004 ; Lejeusne et al., 2010). L'endémisme, c'est-à-dire le nombre des espèces
vivant exclusivement en Méditerranée, est aussi élevé, atteignant pratiquement 25% (Fredj et
al., 1992 ; Giaccone, 1999). La majorité de ces espèces sont d’origine récente (néo-endémique).
En revanche, très peu d’espèces reliques à l’ancienne Tethytse (paléo-endémique) sont
présentes (Boudouresque, 2004). L’une d’entre elles, Posidonia oceanica, est considérée
comme l’espèce clé de la Méditerranée.
Les herbiers de Posidonie, qui se développent depuis la surface jusqu’à 40 m de profondeur,
constituent l’écosystème le plus remarquable de la Mer Méditerranée (Anonyme, 2007). En
effet, cette espèce joue un rôle d’espèce-écosystème important, notamment dans la biodiversité
où ces prairies sous-marines représentent un pôle de biodiversité unique, qui abrite 20 à 25%
des espèces méditerranéennes et favorise le recrutement d'espèces d'intérêt économique
(Boudouresque et Meinesz, 1982). En même temps, les vastes étendues de ces herbiers sont
considérées comme des formations essentielles dans le piégeage du carbone atmosphérique et
l’alimentation du sédiment par l’oxygène. Ils contribuent aussi à améliorer la clarté de l’eau, à
réduire l’hydrodynamisme et ainsi protéger les côtes de l’érosion (Anonyme, 2007).
Comme toutes les phanérogames marines, Posidonia oceanica apparait comme relativement
fragile face aux activités de l’Homme (Boudouresque et Meinesz, 1982). L'aménagement du
littoral, le chalutage, la pisciculture, le dragage, le déversement des boues et les espèces
introduites sont les principaux facteurs responsables de la dégradation des prairies de Posidonie
(Boudouresque et al., 2009).
L’importance de la protection de cet écosystème marin qui joue un rôle majeur pour plusieurs
milliers d’espèces est donc primordiale, mais comment peut-on protéger un herbier dont on ne
connaît pas sa localisation exacte, ses limites et son étendue ? Il s’agit donc d’identifier les
prairies à posidonie en premier lieu, puis de les localiser dont le but de les protéger. La
cartographie est devenue un outil précieux de la surveillance de la Posidonie (Boudouresque et
al., 2003 ; Noel et al.2012).
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