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Paul Dirac g 63
négative remplissant tous les états de charge
négative potentielle et protégeant chaque
électron de la désintégration. Il a prédit que
cette mer pouvait contenir des « trous », des
électrons de charge négative manquants, qui
équivaudraient à des antiélectrons de charge
positive, aussi appelés positrons. Dirac a donc
prévu l’existence de l’antimatière avant qu’elle
soit découverte. Il a aussi contribué à une
avancée majeure qui a marqué la théorie
quantique : en prouvant que la mécanique
matricielle d’Heisenberg et la mécanique
ondulatoire de Schrödinger, apparemment
indépendantes, n’étaient pas seulement
cohérentes mais équivalentes, et en liant les
deux, il a donné naissance à la mécanique
quantique.
Certains traits de personnalité de Dirac
faisaient penser à l’un de ses prédécesseurs à la
chaire qu’il occupait à Cambridge, le professeur
lucasien de mathématiques Isaac Newton.
Comme ce dernier, Dirac était socialement
empâté ; tristement célèbre pour son incapacité
à communiquer avec son entourage, même
pour échanger des banalités, il répondait
brièvement aux questions qu’on lui posait.
On a beaucoup parlé de ses tentatives d’entrer
en contact avec les gens, en particulier quand
il faisait face au très engageant physicien et
théoricien américain Richard Feynman. On
raconte qu’un jour, à la suite d’un des longs
silences devenus sa marque de commerce,
il a dit : « J’ai une équation. En avez-vous une,
vous aussi ? » Personne ne peut toutefois nier
son génie mathématique.
Paul Dirac est le plus grand
scientifique resté quasi inconnu hors de la
communauté de ses pairs. Né à Bristol d’un
père suisse et d’une mère britannique, Paul
Dirac a reçu une éducation très stricte. On
raconte que sa nature taciturne venait de ce
que son père lui avait interdit de lui adresser la
parole dans une autre langue que le français le
plus châtié : pour ne pas commettre d’erreurs,
Dirac aurait décidé de se taire. Or, plusieurs
signes indiquent que Dirac aurait plutôt été
atteint d’un certain degré d’autisme.
Dirac a commencé ses études en génie
électrique à l’Université de Bristol, mais son
intérêt croissant pour la mathématique appliquée l’a fait opter pour un deuxième diplôme
avant d’aller à Cambridge, où il a très tôt travaillé
sur la relativité et un nouveau sujet très en
vogue, la physique quantique. Là, il s’est attelé à
l’équation déjà très prometteuse de Schrödinger,
décrivant la probabilité de trouver une particule
donnée en n’importe quelle position, et il a
étendu l’équation au domaine de la relativité
restreinte pour certains types de particules,
prenant en compte les effets potentiels d’un
mouvement à haute vitesse.
L’équation de Dirac était symétrique : elle
acceptait des particules de charge tant positive
que négative. Grave problème, car l’électron
ordinaire avait toutes les chances de plonger
dans des états de charge négative encore plus
basse, et donc de libérer une multitude de
photons. La solution spectaculaire mise de
l’avant par Dirac : l’espace soi-disant vide
contiendrait une « mer » d’électrons de charge
PAUL DIRAC
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négative remplissant tous les états de charge
négative potentielle et protégeant chaque
électron de la désintégration. Il a prédit que
cette mer pouvait contenir des « trous », des
électrons de charge négative manquants, qui
équivaudraient à des antiélectrons de charge
positive, aussi appelés positrons. Dirac a donc
prévu l’existence de l’antimatière avant qu’elle
soit découverte. Il a aussi contribué à une
avancée majeure qui a marqué la théorie
quantique : en prouvant que la mécanique
matricielle d’Heisenberg et la mécanique
ondulatoire de Schrödinger, apparemment
indépendantes, n’étaient pas seulement
cohérentes mais équivalentes, et en liant les
deux, il a donné naissance à la mécanique
quantique.
Certains traits de personnalité de Dirac
faisaient penser à l’un de ses prédécesseurs à la
chaire qu’il occupait à Cambridge, le professeur
lucasien de mathématiques Isaac Newton.
Comme ce dernier, Dirac était socialement
empâté ; tristement célèbre pour son incapacité
à communiquer avec son entourage, même
pour échanger des banalités, il répondait
brièvement aux questions qu’on lui posait.
On a beaucoup parlé de ses tentatives d’entrer
en contact avec les gens, en particulier quand
il faisait face au très engageant physicien et
théoricien américain Richard Feynman. On
raconte qu’un jour, à la suite d’un des longs
silences devenus sa marque de commerce,
il a dit : « J’ai une équation. En avez-vous une,
vous aussi ? » Personne ne peut toutefois nier
son génie mathématique.
Paul Dirac est le plus grand
scientifique resté quasi inconnu hors de la
communauté de ses pairs. Né à Bristol d’un
père suisse et d’une mère britannique, Paul
Dirac a reçu une éducation très stricte. On
raconte que sa nature taciturne venait de ce
que son père lui avait interdit de lui adresser la
parole dans une autre langue que le français le
plus châtié : pour ne pas commettre d’erreurs,
Dirac aurait décidé de se taire. Or, plusieurs
signes indiquent que Dirac aurait plutôt été
atteint d’un certain degré d’autisme.
Dirac a commencé ses études en génie
électrique à l’Université de Bristol, mais son
intérêt croissant pour la mathématique appliquée l’a fait opter pour un deuxième diplôme
avant d’aller à Cambridge, où il a très tôt travaillé
sur la relativité et un nouveau sujet très en
vogue, la physique quantique. Là, il s’est attelé à
l’équation déjà très prometteuse de Schrödinger,
décrivant la probabilité de trouver une particule
donnée en n’importe quelle position, et il a
étendu l’équation au domaine de la relativité
restreinte pour certains types de particules,
prenant en compte les effets potentiels d’un
mouvement à haute vitesse.
L’équation de Dirac était symétrique : elle
acceptait des particules de charge tant positive
que négative. Grave problème, car l’électron
ordinaire avait toutes les chances de plonger
dans des états de charge négative encore plus
basse, et donc de libérer une multitude de
photons. La solution spectaculaire mise de
l’avant par Dirac : l’espace soi-disant vide
contiendrait une « mer » d’électrons de charge
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