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Avant le déclenchement de la Seconde Guerre
mondiale, Schrödinger s’est réfugié en Irlande,
qui était neutre, pour fuir l’agitation du
continent européen. Sa grand-mère maternelle
était britannique, et il parlait anglais presque
aussi couramment que sa langue maternelle,
l’allemand. Éamon de Valera, qui était à
l’époque premier ministre d’Irlande, l’a invité
personnellement à diriger l’école de physique
théorique du tout nouveau Dublin Institute for
Advanced Studies. Plus tard, Schrödin ger a
décrit ses 17 années à Dublin comme les plus
heureuses de sa vie. Son ouvrage le plus
important de cette période est Qu’est-ce que la
vie ?, un petit livre révolutionnaire qui démontre
comment la théorie quantique et d’autres
concepts de physique fondamentale peuvent
s’appliquer aux organismes vivants. Lorsque
Francis Crick et James Watson ont découvert
les secrets de l’ADN, quelques années plus tard,
ils ont tous deux reconnu devoir beaucoup à cet
écrit de Schrödinger.
Schrödinger menait une vie très différente de
celle de ses collègues. Il écrivait de la poésie et
s’intéressait à la philosophie et au mysticisme
oriental. Fait plus controversé : il a entretenu
une flopée de jeunes maîtresses. Ses 3 enfants
reconnus sont nés au cours de son union de
40 ans avec sa femme Anni, mais aucun n’est
d’elle. Anni, toutefois, semble avoir été
résignée devant les infidélités répétées de son
époux : elle est demeurée sa femme jusqu’à ce
qu’il décède, en 1961, à Vienne. Il avait 73 ans.
Erwin Schrödinger est né et a
grandi à Vienne. Il était un jeune étudiant
brillant qui avait un flair instinctif pour la
physique. Lorsqu’il a obtenu son premier poste
de professeur permanent à Vienne, dans les
années 1920, il croyait déjà fermement que
la matière était de nature ondulatoire. Son
hypothèse a culminé avec l’élaboration de
la théorie de la mécanique ondulatoire, une
formulation complète de la théorie quantique
qui est généralement considérée comme sa plus
grande réussite.
L’équation d’onde de Schrödinger est aussi
fondamentale pour la physique quantique que
les lois du mouvement de Newton le sont pour
la physique classique. La validité mathématique
et la capacité en matière de prévision de
l’équation de Schrödinger ont été immédiatement reconnues par les autres physiciens, mais
il a constaté avec consternation que pratiquement aucun de ses collègues ne partageait son
enthousiasme passionné pour les ondes. Selon
lui, la « dualité onde/particule » et la « réduction de la fonction d’onde » proposées par
l’interprétation de Copenhague, qui prévalait
à l’époque et qui était défendue par Niels
Bohr, n’étaient que des absurdités pseudoscientifiques. Soutenu par Einstein, l’un de ses
seuls contemporains à partager son point de
vue, Schrödinger s’est consacré à concevoir une
expérience de pensée qui mettrait en évidence
l’absurdité de l’interprétation de Copenhague :
le paradoxe du chat de Schrödin ger est probablement l’illustration la plus connue de la
théorie quantique.
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