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Satyendra Nath Bose g 147
la revue de physique Zeitschrift für Physik.
Einstein l’a par la suite enrichi, et ce travail
commun est devenu la statistique de BoseEinstein. Les particules qui y obéissent ont été
nommées bosons en hommage à la contribution
révolutionnaire de Bose.
Einstein a aussi aidé Bose à obtenir un visa lui
ouvrant les portes de l’Europe. Bose a travaillé
à Paris avec Marie Curie, puis a fait la connaissance d’Einstein, ainsi que d’autres fondateurs
de la théorie quantique − Bohr, Heisenberg et
Schrödinger, notamment − à Berlin.
En dépit de son formidable intellect, Bose
donnait l’impression qu’il était désorganisé.
Il sautait d’un domaine à l’autre, et une photo
le montre arborant un béret et un mouchoir de
cou avec des vêtements traditionnels indiens.
Bose était un adepte de poésie et de littérature,
il jouait de l’esraj (un instrument à cordes indien)
et était reconnu pour son extrême gentillesse,
sa modestie et sa compassion. Pour aider l’Inde
à concurrencer les meilleurs à l’échelle mondiale,
il a fait campagne pour que les sciences soient
enseignées dans les langues de son pays plutôt
qu’en anglais, puis il fondé la Science Association
of Bengal, qui publiait un mensuel scientifique.
Bose a placé la physique du 20
e
siècle sur de
nouveaux rails. En 1995, on a produit le premier
condensat de Bose-Einstein, soit un grand
nombre d’atomes obéissant à la statistique
de Bose-Einstein, refroidis juste au-dessus du
zéro absolu et se comportant comme un seul
atome géant.
Étudiant en physique et lauréat
en mathématiques, Satyendra Nath Bose était
un esprit universel qui excellait aussi dans les
langues. En 1919, et tout en donnant des cours
de physique à l’Université de Calcutta, Bose et
son collègue physicien Meghnad Saha ont réalisé
la première traduction anglaise des articles
révolutionnaires d’Albert Einstein. Cinq ans
plus tard, alors qu’il était désormais rattaché
à l’Université de Dacca, Bose y est allé de sa
propre révolution. Il avait 30 ans.
En 1900, Max Planck avait émis l’idée que la
chaleur se dégageant d’objets très chauds se
présente sous forme de morceaux ou « quanta »
d’énergie. Bien que cela ait expliqué la distribution de l’énergie à travers le spectre de ce
rayonnement thermique, certains arguments
mathématiques utilisés par Planck pour fonder
sa théorie étaient peu convaincants. Bose a
résolu le problème en articulant la loi de Planck
d’une autre façon. Alors que Planck croyait que
l’on pouvait distinguer les quanta les uns des
autres, Bose a adopté le postulat inverse : on ne
peut pas les distinguer. L’idée révolutionnaire
de Bose, selon laquelle les particules quantiques
identiques ne peuvent être distinguées les unes
des autres, est devenue l’une des pierres angulaires de la théorie quantique.
En 1924, Bose a fait parvenir à Einstein son
article La loi de Planck et l’hypothèse quantique
de la lumière, qu’une revue scientifique britannique avait refusé de publier. Impressionné,
Einstein a endossé le contenu de l’article puis l’a
traduit en allemand. Il a bien sûr été publié dans
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