R-SQTH_QuanTheory-114-133-UK.indd 129
13/02/2014 12:19
Brian Josephson g 129
chacun. Ce n’est que l’année suivante, en 1974,
que Josephson fut nommé professeur à
Cambridge, un poste qu’il a occupé jusqu’à
sa retraite, en 2007.
Vers la fin des années 1970, Josephson a peu
à peu perdu ses illusions sur la physique
traditionnelle. Il avait le sentiment qu’elle
négligeait de vastes secteurs de l’expérience
qui, avec un peu de chance, pourraient être mis
en lumière par la théorie quantique ou l’un de
ses développements à venir. Il a commencé à
s’intéresser aux philosophies orientales, à la
méditation et aux niveaux supérieurs de
conscience et, en 1988 – toujours sous l’égide
du département de physique de Cambridge −
il a établi les bases de son projet d’unification
de l’esprit-matière. Il s’intéressait au langage,
à la musique et aux processus de cognition,
certes des sujets de réflexion très honorables
dans d’autres départements, mais qui ne
relevaient qu’accessoirement de la physique
théorique.
Plus récemment, Josephson a écrit sur des
sujets typiquement non scientifiques, comme
la télépathie et l’homéopathie, ce qui l’a
inévitablement amené à s’opposer à ses pairs
plus conservateurs. Josephson demeure
personnellement ouvert à ce qu’il appelle
« les sciences hérétiques ». Sur son site Web,
il arbore la devise de la Royal Society, Nullius
in verba, qu’il a ainsi traduite : « ne croyez
personne sur parole ».
Comme beaucoup de grands
physiciens, Brian Josephson a très tôt fait
preuve d’une connaissance intuitive élevée
de son sujet. Lorsqu’il étudiait au premier cycle,
il impressionnait régulièrement ses professeurs
avec la profondeur de sa pensée ; quand il a
décroché son premier diplôme, à l’âge de 20
ans, il avait déjà publié quelques articles.
Décidant de rester à Cambridge, il y a terminé
un doctorat dans la branche de la physique qui
l’intriguait le plus, soit le phénomène de la
supraconductivité, qui se manifeste à des
températures extrêmement basses. Il était
toujours étudiant au doctorat quand il a publié
son article le plus célèbre : Possible New
Effects in Superconductive Tunnelling. La
théorie quantique acceptait que des particules
puissent se frayer un passage à travers des
barrières par ailleurs impénétrables, mais
Josephson a montré comment cela pouvait
provoquer un effet jusque-là inconnu (puisque
surnommé effet Josephson) dans le contexte
des supraconducteurs. Ce fut l’un des premiers
exemples d’un effet quantique pouvant être
exploité à des échelles macroscopiques, et
il a conduit à une technologie de nos jours
courante : la jonction de Josephson.
Josephson n’avait que 33 ans quand il a
partagé le prix Nobel de physique avec deux
autres chercheurs qui avaient travaillé sur
l’effet tunnel. Bien que leur cadet, il a reçu la
moitié du prix, et ses deux collègues un quart
BRIAN JOSEPHSON
ThéorieQuantique-114-133.indd 129
14-05-06 13:05
Précédent

- 130/161

Suivant