3 • Postulats de la physique statistique
57
3.4 IRRÉVERSIBILITÉ
Considérons un système isolé en équilibre statistique dont l’état macroscopique est déterminé par un ensemble de contraintes externes. C’est, par exemple, le cas d’un gaz
enfermé dans un volume V : le volume imposé constitue une contrainte pour le gaz. Soit
V = V i le nombre de micro-états accessibles à ce système. Si on supprime une ou plusieurs des contraintes, le nombre de micro-états accessibles sera en général plus grand
et le système va évoluer de manière à pouvoir accéder à tous ces micro-états. Appelons
V f le nombre de micro-états accessibles dans l’état final lorsque les contraintes ont été
enlevées. Lorsque le système sera en équilibre statistique, tous ces micro-états seront
équiprobables avec une probabilité égale à
1
V f
.
• Si V f > V i , la transformation est irréversible car même si on rétablit les contraintes,
on ne reviendra pas dans la situation initiale.
Exemple. Ceci est illustré dans la figure (1) où l’on a initialement une enceinte, aux parois adiabatiques fixes, séparée en deux parties : l’une contient un gaz, l’autre est vide. Si nous enlevons la
séparation entre les deux compartiments, le gaz va occuper l’ensemble du récipient. Le nombre
de micro-états dans l’état final, V f , est plus grand que dans l’état initial. Si nous remettons la
paroi de séparation, il est clair que le gaz restera dans les deux compartiments de l’enceinte.
Parmi les micro-états accessibles au système dans l’état final, il en existe qui correspondent à la
situation où le gaz est entièrement dans le premier compartiment, i.e. dans l’état initial. Mais leur
nombre est infiniment petit comparé à V f (le rapport
V i
V f
est pratiquement nul). En effet, supposons que les deux compartiments aient le même volume, la probabilité pour qu’une particule
du gaz soit dans le premier compartiment est égale à
1
2 . Pour les N particules, la probabilité sera
1
2
N . Pour une mole de gaz, N = N et la probabilité pour que l’état final soit dans un micro-état
compatible avec l’état initial est égale à :
1
2
N
=
1
2
6,02 10
23
≈ 10
−2×10
23
. Ce nombre est si petit
que l’on n’observera jamais l’état initial en remettant la séparation entre les deux compartiments.
• Si V f = V i , la transformation est réversible. Si l’on remet les contraintes sur le
système on revient dans l’état initial.
Exemple. Reprenons le dispositif de la figure 1 et supposons que dans l’état initial nous ayons
du gaz dans les deux compartiments, à la même pression et à la même température. Nous ne
changerons pas l’état du système si nous mettons, ou si nous enlevons, la séparation entre les
deux compartiments. Dans ce cas particulier, nous avons V f = V i .
Une transformation réversible se fait donc à entropie constante puisque le nombre de
micro-états ne change pas. On peut aller d’un état initial vers un état final de diverses
manières. Si, à chaque étape de l’évolution du système, celui-ci passe par une séquence
d’états en équilibre statistique, la transformation est dite quasistatique. Une transformation réversible est toujours quasistatique mais l’inverse n’est pas vrai puisqu’il peut y
avoir accroissement de l’entropie (cf. section 1.2.5). Lorsque V f > V i , on peut revenir
à l’état initial, i.e. diminuer l’entropie du système, à l’aide d’une transformation qui met
en jeu des moyens extérieurs, mais dans ce cas nous n’avons plus un système isolé.
c
Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
57
3.4 IRRÉVERSIBILITÉ
Considérons un système isolé en équilibre statistique dont l’état macroscopique est déterminé par un ensemble de contraintes externes. C’est, par exemple, le cas d’un gaz
enfermé dans un volume V : le volume imposé constitue une contrainte pour le gaz. Soit
V = V i le nombre de micro-états accessibles à ce système. Si on supprime une ou plusieurs des contraintes, le nombre de micro-états accessibles sera en général plus grand
et le système va évoluer de manière à pouvoir accéder à tous ces micro-états. Appelons
V f le nombre de micro-états accessibles dans l’état final lorsque les contraintes ont été
enlevées. Lorsque le système sera en équilibre statistique, tous ces micro-états seront
équiprobables avec une probabilité égale à
1
V f
.
• Si V f > V i , la transformation est irréversible car même si on rétablit les contraintes,
on ne reviendra pas dans la situation initiale.
Exemple. Ceci est illustré dans la figure (1) où l’on a initialement une enceinte, aux parois adiabatiques fixes, séparée en deux parties : l’une contient un gaz, l’autre est vide. Si nous enlevons la
séparation entre les deux compartiments, le gaz va occuper l’ensemble du récipient. Le nombre
de micro-états dans l’état final, V f , est plus grand que dans l’état initial. Si nous remettons la
paroi de séparation, il est clair que le gaz restera dans les deux compartiments de l’enceinte.
Parmi les micro-états accessibles au système dans l’état final, il en existe qui correspondent à la
situation où le gaz est entièrement dans le premier compartiment, i.e. dans l’état initial. Mais leur
nombre est infiniment petit comparé à V f (le rapport
V i
V f
est pratiquement nul). En effet, supposons que les deux compartiments aient le même volume, la probabilité pour qu’une particule
du gaz soit dans le premier compartiment est égale à
1
2 . Pour les N particules, la probabilité sera
1
2
N . Pour une mole de gaz, N = N et la probabilité pour que l’état final soit dans un micro-état
compatible avec l’état initial est égale à :
1
2
N
=
1
2
6,02 10
23
≈ 10
−2×10
23
. Ce nombre est si petit
que l’on n’observera jamais l’état initial en remettant la séparation entre les deux compartiments.
• Si V f = V i , la transformation est réversible. Si l’on remet les contraintes sur le
système on revient dans l’état initial.
Exemple. Reprenons le dispositif de la figure 1 et supposons que dans l’état initial nous ayons
du gaz dans les deux compartiments, à la même pression et à la même température. Nous ne
changerons pas l’état du système si nous mettons, ou si nous enlevons, la séparation entre les
deux compartiments. Dans ce cas particulier, nous avons V f = V i .
Une transformation réversible se fait donc à entropie constante puisque le nombre de
micro-états ne change pas. On peut aller d’un état initial vers un état final de diverses
manières. Si, à chaque étape de l’évolution du système, celui-ci passe par une séquence
d’états en équilibre statistique, la transformation est dite quasistatique. Une transformation réversible est toujours quasistatique mais l’inverse n’est pas vrai puisqu’il peut y
avoir accroissement de l’entropie (cf. section 1.2.5). Lorsque V f > V i , on peut revenir
à l’état initial, i.e. diminuer l’entropie du système, à l’aide d’une transformation qui met
en jeu des moyens extérieurs, mais dans ce cas nous n’avons plus un système isolé.
c
Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
