EINSTEIN OUBLIE LA RELATMTÉ
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naires de l'État. Elle était conçue pour viser les opposants
politiques des nazis, les socialistes, les communistes et les
Juifs. Le paragraphe 3 contenait l'infâme « clause aryenne » :
« Les fonctionnaires non aryens devront prendre leur
retraite 30 • » La loi définissait un non-aryen comme une
personne dont un des parents ou des grands-parents n'était
pas aryen. Soixante-deux ans après leur émancipation en
1871, les Juifs allemands étaient une fois de plus l'objet d'une
discrimination d'État légalisée. Elle servit de tremplin à la
persécution nazie subséquente des Juifs.
Les universités étaient des institutions d'État, et bientôt
plus d'un millier d'universitaires, dont trois cent onze professeurs, furent renvoyés ou contraints de démissionner. Près
d'un quart des membres de la communauté des physiciens
d'avant 1933 furent contraints à l'exil, et, parmi eux, la moitié
des théoriciens. En 1936, plus de mille six cents universitaires
avaient été évincés; un tiers d'entre eux étaient des scientifiques, dont vingt qui avaient reçu le prix Nobel ou allaient le
recevoir : onze en physique, quatre en chimie, cinq en
médecine!n. Théoriquement, la nouvelle réglementation ne
s'appliquait pas aux fonctionnaires titularisés avant la
Première Guerre mondiale, ni à ceux qui étaient des anciens
combattants de cette guerre, ni à quiconque avait perdu un
père ou un fils pendant cette guerre. Mais comme la purge
nazie se poursuivait sans faiblir et touchait un nombre croissant d'exemptés, le 16 mai 1933, Planck, en sa qualité de
président de la Kaiser-Wilhelm-Gesellschaft, alla trouver
Hitler. Il croyait pouvoir limiter les dommages causés à la
science allemande.
On a du mal à le croire, mais Planck déclara à Hitler qu'« il
y avait différentes sortes de Juifs, certains qui ont de la valeur
pour l'humanité, et d'autres sans valeur aucune » et qu'« il
convenait de faire des distinctions~ 2 ». «C'est faux, répliqua
Hitler. Un Juif est un Juif; et tous les Juifs s'agglutinent
comme des sangsues. Partout où il y a un Juif, d'autres Juifs
de toutes sortes se rassemblent immédiatement~ 3 • » Son
gambit d'ouverture ayant échoué, Planck changea de
tactique. L'expulsion générale des savants juifs serait nuisible
aux intérêts de l'Allemagne, affirma-t-il. Cette simple supposi-
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naires de l'État. Elle était conçue pour viser les opposants
politiques des nazis, les socialistes, les communistes et les
Juifs. Le paragraphe 3 contenait l'infâme « clause aryenne » :
« Les fonctionnaires non aryens devront prendre leur
retraite 30 • » La loi définissait un non-aryen comme une
personne dont un des parents ou des grands-parents n'était
pas aryen. Soixante-deux ans après leur émancipation en
1871, les Juifs allemands étaient une fois de plus l'objet d'une
discrimination d'État légalisée. Elle servit de tremplin à la
persécution nazie subséquente des Juifs.
Les universités étaient des institutions d'État, et bientôt
plus d'un millier d'universitaires, dont trois cent onze professeurs, furent renvoyés ou contraints de démissionner. Près
d'un quart des membres de la communauté des physiciens
d'avant 1933 furent contraints à l'exil, et, parmi eux, la moitié
des théoriciens. En 1936, plus de mille six cents universitaires
avaient été évincés; un tiers d'entre eux étaient des scientifiques, dont vingt qui avaient reçu le prix Nobel ou allaient le
recevoir : onze en physique, quatre en chimie, cinq en
médecine!n. Théoriquement, la nouvelle réglementation ne
s'appliquait pas aux fonctionnaires titularisés avant la
Première Guerre mondiale, ni à ceux qui étaient des anciens
combattants de cette guerre, ni à quiconque avait perdu un
père ou un fils pendant cette guerre. Mais comme la purge
nazie se poursuivait sans faiblir et touchait un nombre croissant d'exemptés, le 16 mai 1933, Planck, en sa qualité de
président de la Kaiser-Wilhelm-Gesellschaft, alla trouver
Hitler. Il croyait pouvoir limiter les dommages causés à la
science allemande.
On a du mal à le croire, mais Planck déclara à Hitler qu'« il
y avait différentes sortes de Juifs, certains qui ont de la valeur
pour l'humanité, et d'autres sans valeur aucune » et qu'« il
convenait de faire des distinctions~ 2 ». «C'est faux, répliqua
Hitler. Un Juif est un Juif; et tous les Juifs s'agglutinent
comme des sangsues. Partout où il y a un Juif, d'autres Juifs
de toutes sortes se rassemblent immédiatement~ 3 • » Son
gambit d'ouverture ayant échoué, Planck changea de
tactique. L'expulsion générale des savants juifs serait nuisible
aux intérêts de l'Allemagne, affirma-t-il. Cette simple supposi-
