LES DOCfEURS DU SPIN
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supplémentaire pour la saturer et acquérir une configuration
de type gaz rare. En revanche, les éléments alcalins ont tous
un seul électron de valence.
Ce furent ces idées que Pauli entendit Bohr développer lors
de ses conférences de Gôttingen en juin 1922. Sommerfeld
avait salué l'atome à couches de Bohr comme« la plus grande
avancée dans la structure atomique depuis 1913 26 ». S'il
pouvait mathématiquement reconstruire les numéros 2, 8, 18,
etc., des éléments des différentes rangées de la table périodique, alors ce serait, dit Sommerfeld à Bohr, « la réalisation
des rêves les plus audacieux de la physique 27 ». En réalité, il
n'y avait pas de raisonnement mathématique pur et dur
derrière le nouveau modèle à couches de l'atome. Même
Rutherford dit à Bohr qu'il avait du mal à « [se] représenter
comment vous arrivez à vos conclusions 28 ». Il fallait néanmoins prendre les idées de Bohr au sérieux, surtout après que
la révélation spectaculaire de sa conférence Nobel, à savoir
que l'élément inconnu de numéro atomique 72, le futur
hafnium, n'était pas une terre rare, eut été ultérieurement
confirmée. Il n'y avait toutefois pas de principe organisateur
ni de critères derrière le modèle atomique à couches de
Bohr. C'était une ingénieuse improvisation fondée sur une
série de données chimiques et physiques qui pouvaient, dans
une large mesure, expliquer les propriétés chimiques des
différents groupes d'éléments dans la table périodique. Son
couronnement avait été l'identification du hafnium.
Alors que Pauli continuait de se tourmenter à propos de
l'effet Zeeman anormal et des insuffisances du modèle
atomique de Bohr, son séjour à Copenhague se termina. En
septembre 1923, il rentra à Hambourg, où, au début de
l'année suivante, le simple assistant qu'il était fut promu
Privatdozent.
Copenhague étant facilement accessible par train et ferry
via la mer Baltique, Pauli se rendait fréquemment à l'institut
de Bohr. Il avait conclu que le modèle de Bohr ne pourrait
fonctionner que s'il y avait une restriction sur le nombre
d'électrons pouvant occuper une couche donnée. Sinon, en
contradiction avec les résultats des spectres atomiques, rien
n'empêchait apparemment tous les électrons d'un atome
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supplémentaire pour la saturer et acquérir une configuration
de type gaz rare. En revanche, les éléments alcalins ont tous
un seul électron de valence.
Ce furent ces idées que Pauli entendit Bohr développer lors
de ses conférences de Gôttingen en juin 1922. Sommerfeld
avait salué l'atome à couches de Bohr comme« la plus grande
avancée dans la structure atomique depuis 1913 26 ». S'il
pouvait mathématiquement reconstruire les numéros 2, 8, 18,
etc., des éléments des différentes rangées de la table périodique, alors ce serait, dit Sommerfeld à Bohr, « la réalisation
des rêves les plus audacieux de la physique 27 ». En réalité, il
n'y avait pas de raisonnement mathématique pur et dur
derrière le nouveau modèle à couches de l'atome. Même
Rutherford dit à Bohr qu'il avait du mal à « [se] représenter
comment vous arrivez à vos conclusions 28 ». Il fallait néanmoins prendre les idées de Bohr au sérieux, surtout après que
la révélation spectaculaire de sa conférence Nobel, à savoir
que l'élément inconnu de numéro atomique 72, le futur
hafnium, n'était pas une terre rare, eut été ultérieurement
confirmée. Il n'y avait toutefois pas de principe organisateur
ni de critères derrière le modèle atomique à couches de
Bohr. C'était une ingénieuse improvisation fondée sur une
série de données chimiques et physiques qui pouvaient, dans
une large mesure, expliquer les propriétés chimiques des
différents groupes d'éléments dans la table périodique. Son
couronnement avait été l'identification du hafnium.
Alors que Pauli continuait de se tourmenter à propos de
l'effet Zeeman anormal et des insuffisances du modèle
atomique de Bohr, son séjour à Copenhague se termina. En
septembre 1923, il rentra à Hambourg, où, au début de
l'année suivante, le simple assistant qu'il était fut promu
Privatdozent.
Copenhague étant facilement accessible par train et ferry
via la mer Baltique, Pauli se rendait fréquemment à l'institut
de Bohr. Il avait conclu que le modèle de Bohr ne pourrait
fonctionner que s'il y avait une restriction sur le nombre
d'électrons pouvant occuper une couche donnée. Sinon, en
contradiction avec les résultats des spectres atomiques, rien
n'empêchait apparemment tous les électrons d'un atome
