L'ATOME QUANTIQUE
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La nécessité étant la mère de l'invention, Sommerfeld avait
été forcé d'introduire ses deux nouveaux nombres quantiques k et m pour expliquer des faits révélés par les expériences. S'appuyant largement sur les travaux de Sommerfeld,
d'autres chercheurs expliquèrent l'effet Stark comme résultant de changements dans l'espacement entre niveaux
d'énergie dus à la présence d'un champ électrique. Bien qu'il
subsiste encore des points faibles, comme l'incapacité à reproduire l'intensité relative des raies spectrales, les succès de
l'atome de Bohr-Sommerfeld renforcèrent la réputation de
Bohr et lui permirent d'obtenir la création de son propre
institut à Copenhague. Il allait devenir, comme le dirait plus
tard Sommerfeld, « le metteur en scène de la physique
atomique 54 » au travers de ses recherches et de l'inspiration
qu'il donnait aux autres.
C'était un compliment qui aurait enchanté Bohr, lui qui
voulait depuis toujours reproduire la manière dont Rutherford dirigeait son laboratoire, et l'état d'esprit qu'il avait
réussi à créer chez tous ceux qui y travaillaient. Bohr avait
appris de son mentor plus que de la physique. Il avait vu
comment Rutherford avait réussi à galvaniser un groupe de
jeunes physiciens pour qu'ils donnent le meilleur d'euxmêmes. En 1917, Bohr entreprit de reproduire à Copenhague
ce qu'il avait eu la chance de vivre à Manchester. Il prit
contact avec les autorités pour la création d'un institut de
physique théorique à l'université. Des amis facilitèrent la décision en réunissant des fonds pour le terrain et la construction. Celle-ci commença l'année suivante, peu après la fin de
la guerre, sur un chantier au bord d'un beau parc non loin
du centre de la capitale.
Les travaux venaient tout juste de commencer lorsque
arriva une lettre qui troubla Bohr. Rutherford lui proposait
une chaire permanente de physique théorique à Manchester.
«]e crois que nous devrions essayer à nous deux de faire prospérer la physique 55 »,écrivait Rutherford. C'était tentant, mais
Bohr ne pouvait pas tourner le dos au Danemark juste au
moment où son pays allait lui donner tout ce qu'il désirait.
S'il avait rejoint Rutherford, celui-ci serait peut-être resté à
Manchester. Mais, en 1919, il partit prendre la succession de
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La nécessité étant la mère de l'invention, Sommerfeld avait
été forcé d'introduire ses deux nouveaux nombres quantiques k et m pour expliquer des faits révélés par les expériences. S'appuyant largement sur les travaux de Sommerfeld,
d'autres chercheurs expliquèrent l'effet Stark comme résultant de changements dans l'espacement entre niveaux
d'énergie dus à la présence d'un champ électrique. Bien qu'il
subsiste encore des points faibles, comme l'incapacité à reproduire l'intensité relative des raies spectrales, les succès de
l'atome de Bohr-Sommerfeld renforcèrent la réputation de
Bohr et lui permirent d'obtenir la création de son propre
institut à Copenhague. Il allait devenir, comme le dirait plus
tard Sommerfeld, « le metteur en scène de la physique
atomique 54 » au travers de ses recherches et de l'inspiration
qu'il donnait aux autres.
C'était un compliment qui aurait enchanté Bohr, lui qui
voulait depuis toujours reproduire la manière dont Rutherford dirigeait son laboratoire, et l'état d'esprit qu'il avait
réussi à créer chez tous ceux qui y travaillaient. Bohr avait
appris de son mentor plus que de la physique. Il avait vu
comment Rutherford avait réussi à galvaniser un groupe de
jeunes physiciens pour qu'ils donnent le meilleur d'euxmêmes. En 1917, Bohr entreprit de reproduire à Copenhague
ce qu'il avait eu la chance de vivre à Manchester. Il prit
contact avec les autorités pour la création d'un institut de
physique théorique à l'université. Des amis facilitèrent la décision en réunissant des fonds pour le terrain et la construction. Celle-ci commença l'année suivante, peu après la fin de
la guerre, sur un chantier au bord d'un beau parc non loin
du centre de la capitale.
Les travaux venaient tout juste de commencer lorsque
arriva une lettre qui troubla Bohr. Rutherford lui proposait
une chaire permanente de physique théorique à Manchester.
«]e crois que nous devrions essayer à nous deux de faire prospérer la physique 55 »,écrivait Rutherford. C'était tentant, mais
Bohr ne pouvait pas tourner le dos au Danemark juste au
moment où son pays allait lui donner tout ce qu'il désirait.
S'il avait rejoint Rutherford, celui-ci serait peut-être resté à
Manchester. Mais, en 1919, il partit prendre la succession de
