1.2 Aux origines
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de E.M. Clarke à Londres ou encore du français Paul-Gustave Froment (1815-1865)
qui, parallèlement à la réalisation d’instruments scientifiques dont le fameux pendule
de Foucault, développera de nombreuses structures d’électromoteurs. Mentionnons
également l’américain Daniel Davis, Jr. (1813-1887) dont l’activité fut étroitement
associée à celle de scientifiques célèbres tels que Joseph Henri et qui mit au point,
notamment pour le compte de Charles Grafton Page, de nombreux prototypes de machines électromagnétiques.
S’agissant des ruptures technologiques qui jalonnent le développement préindustriel des machines électromécaniques, on retiendra parmi les plus marquantes
l’armature en anneau introduite en 1864 par le physicien italien Antonio Pacinotti
(1841-1912). Cherchant à réduire les fluctuations d’intensité des courants induits
délivrés par les génératrices hétéropolaires, Pacinotti propose d’utiliser un électroaimant en forme de tore muni de dents entre lesquelles sont insérées les bobines
élémentaires. Ces bobines sont reliées les unes aux autres en série pour former un circuit fermé. Les points de connexion de cet « électro-aimant transversal », tel qu’il le
nomme, aboutissent à autant de touches métalliques isolées qui constituent l’élément
tournant du commutateur, ou collecteur. Signalons qu’une forme très proche de cette
invention
(1) sera retrouvée tout à fait originalement par Zénobe-Théophile Gramme
(1826-1901) quelques années plus tard. Débutant sa carrière en qualité d’ébéniste à
la société « l’Alliance »
(2) , Gramme perfectionnera la machine à courant continu au
point de fonder sa propre société en 1871 pour commercialiser une version particulièrement aboutie de générateurs à courants continus destinés aux laboratoires et à
l’industrie.
Un autre progrès important, suggéré pour la première fois par Jacob Brett en 1848,
consiste à tirer profit du courant développé par le bobinage d’induit pour renforcer le
magnétisme des aimants permanents inducteurs, grâce à une bobine enroulée autour
de ces derniers. Le principe de l’auto-excitation est largement développé par Ernst
Werner von Siemens (1816-1892) pour donner lieu à la machine dynamo-électrique
(3)
qu’il décrit en 1867 devant l’Académie de Berlin. L’emploi de l’inducteur bobiné se
généralise rapidement. Il faudra attendre les années 1970 avant que les progrès accomplis dans le domaine des aimants à base de terres rares ne redonnent un nouveau
souffle aux machines et actionneurs excités par aimants permanents. S’agissant du
bobinage d’induit, Werner von Siemens jouera également un rôle déterminant dans
le perfectionnement des architectures utilisées. Il crée tout d’abord le bobinage en
(1) L’anneau de Gramme est dépourvu de dents et entièrement recouvert de fil conducteur.
(2) Spécialisée dans la construction d’appareils électriques, la société « l’Alliance » développera une machine
magnéto-électrique qui, à partir de 1863, rendra de grands services pour l’éclairage des phares. Ce générateur
dérive de la machine construite en 1849 par Florise Nollet, petit neveu de l’abbé Nollet.
(3) Par opposition aux machines « magnéto-électriques » dont le champ d’excitation résulte de l’action d’un
aimant permanent, les machines « dynamo-électriques » produisent « elles-mêmes » le magnétisme nécessaire
à leur excitation.
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