“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 73 — #96
i
i
i
i
i
i
i
i
2. Cryosphère et niveau marin
73
alors contenir plus d’humidité et ceci est confirmé (au moins sur le plateau
Antarctique) par l’analyse des forages glaciaires ; (iii) l’écoulement draine la
glace vers la côte, il est sensible aux conditions basales et au couplage thermomécanique mentionné plus haut mais la principale caractéristique de l’Antarctique est d’avoir des ice-shelves qui exercent un effet d’arc-boutant limitant
la vitesse des fleuves de glace. Si ces ice-shelves disparaissent, les glaciers en
amont accélèrent menant à un amincissement de la calotte ; (iv) les mouvements de la ligne d’échouage gouvernent l’étendue de la calotte, or plus la
calotte est étendue plus elle peut devenir épaisse. La ligne d’échouage est sensible au niveau des mers (si celui-ci baisse les ice-shelves peuvent se poser)
par un effet purement géométrique. De plus l’écoulement des fleuves de glace
et le mouvement de la ligne d’échouage sont couplés, un recul étant associé à
une accélération. Par exemple, une désintégration d’ice-shelves en accélérant
l’écoulement peut forcer un recul de la ligne d’échouage. Réciproquement un
recul de la ligne d’échouage diminue le frottement basal du fleuve de glace
(puisqu’il se met à flotter) et l’autorise à accélérer. On notera que l’effet précipitation agit à l’inverse des autres tendant à produire une plus petite calotte
en période glaciaire.
En période interglaciaire, l’état est à peu près similaire à l’actuel. En
période glaciaire, par rapport au présent, la température est plus basse, la
précipitation plus faible, le niveau des mers plus bas, et l’océan plus froid
permet de mieux maintenir les ice-shelves. La ligne d’échouage avance alors,
n’étant plus limitée que par le talus continental ainsi que le montre la carte
de ligne d’échouage proposée par Anderson et al. (EPILOG 2002) (Fig. 2.8).
C’est l’amplitude de variation de la ligne d’échouage qui fait la différence de
comportement entre calotte de l’Est et de l’Ouest.
Des résultats de modélisation récents (Pollard et De Conto, 2009) indiquent qu’un troisième état, encore plus déglacé que l’actuel pourrait survenir lors des interglaciaires particulièrement longs et chauds. Dans ce troisième
état, l’Antarctique de l’Ouest a quasiment disparu et cela pourrait expliquer
certains hauts niveaux des mers du passé (Eemien, MIS11).
Autour de l’Antarctique de l’Est, le talus continental est situé à quelques
dizaines de kilomètres de la côte actuelle (voir Fig. 2.8). C’est donc la seule
marge d’avancée de la calotte. En période glaciaire la calotte antarctique de
l’Est est par conséquent légèrement plus épaisse sur les bords mais cet effet
(confirmé par les lignes de glaciation sur les montagnes) reste cantonné au
bord. Les régions centrales sont plus minces en raison de l’accumulation plus
faible. On estime que le plateau antarctique était environ 100 m plus bas au
Dernier Maximum glaciaire (Ritz et al. 2001). En termes de volume, l’impact
des régions centrales est plus fort et globalement le volume de l’Antarctique
de l’Est est plus faible en période glaciaire qu’en interglaciaire.
L’Antarctique de l’Ouest a beaucoup plus de latitude pour s’étaler
(Fig. 2.8). En effet, les deux grandes échancrures dans lesquelles sont situés
les ice-shelves de Ross et de Ronne-Filchner sont peu profondes. En périodes
Précédent

- 96/450

Suivant