“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 38 — #61
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Paléoclimatologie
de sulfate et celui de MSA reste non élucidée à ce jour. Les études atmosphériques menées depuis quelques années en Antarctique montrent la complexité
du problème. Ainsi si les teneurs atmosphériques des trois espèces soufrées
covarient bien dans le temps avec les teneurs en DMS de l’océan Austral, la
variabilité interannuelle observée dans l’océan Austral ne montre pas de lien
simple avec la couverture annuelle de glace de mer (Preunkert et al., 2007).
Ces mesures mettent également en évidence des processus complexes impliquant photochimie et dynamique atmosphère qui rendent le lien entre les deux
espèces soufrées et le DMS très complexe. La poursuite de ces études trouve
sa motivation dans le fait qu’à ce jour, seule la glace permet potentiellement
de reconstruire la variabilité passée des émissions biogéniques marines, car les
organismes comme Phaeocystis ne laissent pas d’archives dans les sédiments
marins. L’enjeu est important car il s’agit de comprendre une rétroaction prenant place aux hautes latitudes (régions très sensibles au changement climatique global), impliquant des processus complexes entre productivité biologie
marine, glace de mer, et climat.
1.3.5 L’aérosol désertique
La concentration en aérosol désertique dans l’atmosphère dépend de plusieurs facteurs. Leur source est liée au premier ordre à la nature du sol (les
grands déserts sont les plus grandes sources de poussières minérales) et à la
vitesse du vent qui permet, au-delà d’un certain seuil, de soulever certaines
particules en fonction de leur taille. En plus de leur impact sur le transfert radiatif, leur présence dans l’atmosphère a des conséquences sur certains cycles
biogéochimiques. Depuis les travaux de John Martin dans les années 1980-90,
qui montrèrent que la productivité biologique dans l’océan était limitée par
de faibles concentrations en fer dans de vastes régions océaniques, l’apport
de fer à l’océan, en particulier via le dépôt d’aérosol désertique à la surface de l’océan, a reçu beaucoup d’attention. Le même John Martin a proposé
en 1990 que l’augmentation des dépôts d’aérosol désertique à la surface de
l’océan pendant la dernière glaciation (Fig. 1.6) avait contribué à augmenter
la productivité marine et à diminuer la pression partielle de CO 2 dans l’atmosphère. Pour une synthèse des liens entre dépôts d’aérosol désertique, cycle
du fer et biogéochimie marine, un article a été récemment publié par Jickells
et al. dans la revue Science en 2005.
Les archives glaciaires suggèrent que le dépôt d’aérosol désertique aux
hautes latitudes de l’hémisphère nord et de l’hémisphère sud était de deux à
vingt fois plus important en période glaciaire qu’en période interglaciaire. Le
climat glaciaire se caractérise par des températures plus froides et un cycle
hydrologique largement ralenti. La réduction des dépôts humides d’aérosol entrainant une augmentation de son temps de vie atmosphérique est un des facteurs pouvant expliquer un transport accru d’aérosol vers des zones éloignées
des régions sources. Les modèles simulant le cycle des aérosols désertiques
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